Sénégal: un syndicat de pêcheurs dénonce des "navires pirates étrangers"

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Une vingtaine de bateaux pirates, européens, américains et africains, opèrent "illégalement" au Sénégal depuis plusieurs mois avec la complicité du ministère chargé de la Pêche et menacent la ressource, a affirmé jeudi le syndicat patronal de pêcheurs industriels.

"Des bateaux pirates étrangers qui ne respectent aucune législation en matière d'autorisations de pêche au Sénégal pêchent actuellement illégalement dans nos eaux et les écument avec une violence inoüie", a déclaré à la presse Amadou Lam, vice-président du Groupement des armateurs et industriels de la pêche au Sénégal (Gaipes), un syndicat patronal de pêcheurs industriels.

M. Lam a chiffré à 22 le nombre de bateaux présents dans les eaux sénégalaises depuis le premier trimestre 2010 avec "des autorisations illégales de pêcher des pélagiques", comme les sardinelles et les chinchards, une ressource dont dépendent de nombreuses familles du Sénégal.

Ces navires "russes, béliziens, mauriciens, ukrainiens et comoriens" sont venus au Sénégal grâce au "ministère de l'Economie maritime, par le biais d'accords signés et non enregistrés par le gouvernement", selon le Gaipes.

L'organisation, qui dit avoir plusieurs fois saisi les autorités sénégalaises sans réponse de leur part, dénonce le "bradage des ressources halieutiques cautionné par le ministère de l'Economie maritime" et menace de demander à ses membres de cesser toute activité.

Contacté jeudi par l'AFP, le ministère n'avait pas réagi.

La pêche, un des principaux secteurs pourvoyeurs de devises au Sénégal est depuis plusieurs années frappé par une raréfaction de la ressource et une diminution des revenus des pêcheurs.