Nuage radioactif: que risque-t-on en France?

NUCLEAIRE La radioactivité qui s'échappe de la centrale de Fukushima peut-elle avoir des retombées sur les territoires français, en métropole et Outre-mer?...

A.C.

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Une balise de mesure de la radioactivité de l'IRSN.
Une balise de mesure de la radioactivité de l'IRSN. — AFP PHOTO BERTRAND LANGLOIS

Les nuages radioactifs émis par la centrale de Fukushima ne s’arrêteront pas aux frontières. Si la France métropolitaine semble trop éloignée pour subir des retombées aussi importantes que lors de l’accident de Tchernobyl, les territoires d’Outre-mer pourraient être plus fortement touchés par les particules radioactives.

Des conséquences encore incertaines en France

L’Institut national de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a mis en place un dispositif de surveillance pour le territoire français, qui tiendra compte de «scénarios extrêmes», a déclaré mercredi le directeur général adjoint de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Grâce à des modèles mathématiques et des balises de mesure de la radioactivité implantées sur tout le territoire, l’IRSN publie depuis quelques jours sur son site internet les mesures de radioactivité provenant des 163 balises implantées en France métropolitaine et dans les territoires d'Outre-mer.

«Il est peu probable que cet événement au Japon ait des conséquences en France», a dit Olivier Gupta, directeur général adjoint de l'ASN, lors d'une conférence de presse. Stéphane Lhomme, de l’Observatoire du nucléaire, est moins optimiste: «C’est quasi certain que nous aurons des retombées radioactives. Les particules se répandent partout autour de la planète, déclare-t-il à 20minutes.fr. Plus on est loin de la source, plus on est protégé, mais même à des niveaux faibles la radioactivité peut avoir des effets sur la santé.»

Les pastilles d’iode ne sont délivrées qu’à la demande des autorités

Faut-il pour autant se ruer sur les pastilles d’iode? A Saint-Pierre-et-Miquelon, une distribution a eu lieu mercredi à titre préventif. Mais en France métropolitaine, pas la peine de courir dans les pharmacies: les pastilles ne sont délivrées «qu’à la demande expresse des autorités» et, exceptionnellement, aux personnes résidant à proximité des centrales rappelle une note interne du Conseil national de l’ordre des pharmaciens publiée par L’Express. La ministre de l’Ecologie, Nathalie Kosciuzko-Morizet estimait mercredi qu’il n’y avait «aucun risque sanitaire» pour la France.

En cas de risque, les pastilles d’iode doivent être prises au moins deux heures avant l’exposition aux radiations et sont efficaces pendant 24 heures. «Efficaces mais seulement pour l’iode, nuance Stéphane Lhomme. Dans un nuage radioactif, il n’y a pas que ça», rappelle-t-il, assimilant ces pastilles à «une poudre de perlimpinpin».