Une étude montre que les énergies renouvelables ont le vent en poupe

ETUDE 20 Minutes dévoile en exclusivité une étude sur les énergies renouvelables et les Français. Elle montre les fortes attentes que les Français placent dans cette énergie propre...

Mickaël Bosredon

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Installation de panneaux solaires sur le toit d'une maison en 2009.
Installation de panneaux solaires sur le toit d'une maison en 2009. — CLOSON/ISOPIX/SIPA

Nucléaire en crise, hausse du prix de l’énergie… Le contexte semble favorable aux énergies renouvelables. «La catastrophe au Japon aura des conséquences, c’est certain, affirme André Joffre, président de Qualit’Enr, l’association française pour la qualité d’installation des systèmes à énergie renouvelable. Tchernobyl avait marqué le point de départ des énergies renouvelables en Allemagne. En France nous allons prendre conscience que le nucléaire c’est bien, mais en être trop dépendant c’est dangereux.»

Une étude Ifop sur les énergies renouvelables, commandée par Qualit’Enr, et que 20 Minutes dévoile ce jeudi en exclusivité, montre en tout cas qu’elles ont le vent en poupe. Même si peu de foyers français sont à ce jour équipés en pompe à chaleur (8% des foyers interrogés) ou panneaux solaires (3%), un Français sur deux se dit prêt à franchir le pas. Parmi eux 66% affirment que leur motivation est de «réaliser des économies». Et 81% de l’ensemble des sondés pense  que ces équipements permettent de faire des économies.

Le prix, premier frein

Oui, mais. Il semble qu’il y ait encore un fossé entre les attentes et les réalités. 39% des sondés mettent le prix des installations comme premier frein à l’achat. «L’investissement de départ est assez conséquent, admet André Joffre. Pour une installation photovoltaïque moyenne, il faut compter 16.000 euros. Le crédit d’impôt de 22 % permettra de se faire rembourser 3.000 euros, mais l’année suivante… »

C’est pourquoi 60% des Français qui ont installé du photovoltaïque à leur domicile, ont eu recours à l’emprunt. La BPCE, qui place 25% des produits bancaires verts en France, affirme que les encours de l’eco-prêt à taux zéro sont passés de 160 millions d’euros en 2009 à 450 millions d’euros en 2010. « La tendance de fond est que le financement écologique est en forte croissance, et ce que les Français recherchent au travers de cet investissement, c'est une économie sur leur facture énergétique » affirme Arnaud Berger, Directeur Développement Durable du Groupe BPCE. « Cela dit, c’est un marché encore tout jeune, en émergence, qui se structure. Pour le faire véritablement décoller il faut que l’ensemble des professionnels du secteur travaillent main dans la main.»

Manque de confiance autour du photovoltaïque

Sur la question du manque de rentabilité de ces équipements pointée également par les sondés, le moratoire sur le photovoltaïque décidé à la fin de l’année 2010 semble avoir entamé la confiance des consommateurs. Depuis de nouveaux tarifs de rachat de l'électricité photovoltaïque, à la baisse, ont été décidés. « Mais le panneau photovoltaïque reste un investissement intéressant, assure André Joffre. On l’amortit désormais en huit ans, contre six ans auparavant. » Cela à condition que les tarifs ne changent pas à nouveau. Or le gouvernement s’est donné la possibilité de les revoir tous les trois mois.

Dans ce contexte d'incertitude, et de crise énergétique, les Français ne sont guère confiants. 79% d'entre eux, et 71% des personnes équipées d'installations en énergie renouvelable, pensent que leur facture énergétique va augmenter ces deux prochaines années.

Etude

Cette étude a été réalisée du 1er au février 2011 sur un échantillon de 1.007 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.