Japon: Un nuage qui irradie et contamine l'environnement

RADIOACTIVITE Quels sont les risques pour la population?...

Audrey Chauvet

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Vue aérienne de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi, au Japon, le 14 mars 2011.
Vue aérienne de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi, au Japon, le 14 mars 2011. — REUTERS/HO NEWS

S’il est pour l’instant parti vers le large, le nuage émis par la centrale de Fukushima pourrait grossir avec de nouvelles émanations de vapeur dans les prochains jours, notamment à cause des piscines de stockage des combustibles en ébullition. On ne connaît pas encore la teneur en éléments radioactifs de ces nuages, mais déjà les niveaux de radioactivité augmentent dans les régions proches de la centrale.

Trente ans pour que le césium disparaisse

Pour l’instant, «les vents dispersent des particules introduites dans l'atmosphère du site de l'accident vers l'océan, c'est-à-dire vers le nord-est et l'est de la centrale de Fukushima», a indiqué mardi l'Organisation météorologique mondiale. Ces particules, notamment l’iode et le césium, semblent se répandre à une faible altitude.

Si on ne dispose pas à ce jour de données fiables sur la composition du nuage, on peut tout de même prévoir une contamination de l’environnement et des populations. «Le panache de radioactivité se disperse en fonction des vents et la radioactivité va décroître plus ou moins rapidement selon les éléments, indique à 20minutes.fr Bruno Chareyron, de la Criirad. Il faut environ huit jours pour que l’iode disparaisse, mais trente ans pour le césium-137.»

Irradiation et inhalation, deux risques simultanés

«Le problème, c’est qu’en même temps il y aura eu des dépôts secs par le simple effet de la gravitation, la pluie ou la neige, poursuit l’expert. Les personnes seront exposées aux deux phénomènes: l’irradiation quand le nuage passe au dessus de leur tête, et la contamination interne par inhalation des particules dans l’air et au sol.» La pluie ou la neige pourraient multiplier par cinq à dix la quantité d’éléments déposés. Et une fois les sols ou la mer contaminés, la chaîne alimentaire sera aussi atteinte. L’exemple du lait contaminé à l’iode-131 après la catastrophe de Tchernobyl prouve que les éléments radioactifs s’infiltrent dans tous les organismes vivants: herbe, animaux, arbres, etc.

Difficile de se débarrasser des éléments tombés au sol. «Théoriquement on peut décoller les éléments radioactifs des toitures avec des lances à eau ou en décapant une couche de terrain, mais en pratique on n’a pas forcément les moyens de le faire, explique Bruno Chareyron. Et que faire ensuite de l’eau contaminée?»