L'UE décide de tests de résistance de ses centrales nucléaires

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Les pays de l'UE ont décidé mardi d'effectuer des tests de résistance de leurs centrales nucléaires aux tremblements de terre, tsunamis et attaques terroristes, suite à l'accident survenu au Japon, a annoncé mardi la Commission européenne.

Au cours d'une réunion à Bruxelles des représentants des gouvernements européens, des responsables de centrales et autorités nationales européennes de sûreté nucléaire, un consensus s'est dégagé pour organiser "des tests de résistance européens", a indiqué le commissaire européen à l'Energie Günther Oettinger.

"Il s'agit de réévaluer les risques, d'inondations, de tsunamis, d'attaques terroristes, de tremblements de terre, de coupures d'électricité", a-t-il souligné devant la presse

L'âge et la type de construction des centrales seront également pris en compte.

Ces tests de résistance seront "réalisés par des experts indépendants dans le courant de l'année", à partir du deuxième semestre. Auparavant, "dans les prochaines semaines, la Commission va élaborer des propositions au sujet du contenu des tests avec critères communs" à la lueur des connaissances en provenance du Japon, a-t-il souligné.

Ces travaux préparatoires sur des critères communs auront lieu d'ici fin juin et d'autres "conférences de haut niveau" réunissant les mêmes représentants des Etats, des autorités de sûreté nucléaire et de l'industrie seront conviées par la Commission à cet effet.

La participation aux tests "se fera sur une base volontaire, pas obligatoire" a toutefois souligné le commissaire. L'UE voudrait également offrir à plusieurs pays partenaires, comme la Suisse, la Turquie, ou la Russie, la possibilité d'y participer, a également annoncé M. Oettinger.

La Commission avait convié cette réunion pour passer en revue l'état des réacteurs nucléaires européens du même type que ceux de la centrale de Fukushima, où les accidents se succèdent depuis le violent séisme de vendredi.

Il y a "une volonté d'aller vers des normes de sécurité très strictes en Europe avec ces tests de résistance", a jugé le commissaire.

"Le fait de nommer des experts en commun sera aussi un élément important. Dès lors l'autorité de ces tests sera vraiment importante", a-t-il assuré.

L'Union européenne compte au total 153 réacteurs, dont 58 en France.

La chancelière allemande Angela Merkel a annoncé mardi la fermeture immédiate et pour trois mois de tous les réacteurs mis en service en Allemagne "avant la fin 1980" et la Suisse la suspension de ses projets de renouvellement de centrales nucléaires.

La France a pour sa part annoncé qu'elle allait contrôler la sûreté de "toutes (ses) centrales" nucléaires pour que "chacune puisse tirer les enseignements" de l'accident de la centrale japonaise de Fukushima après le séisme et le tsunami de vendredi.

L'un des participants à la réunion de Bruxelles, le patron du groupe d'électricité allemand RWE, Jürgen Grossmann, a toutefois appelé à "prendre des décisions rationnelles à tête reposée".

Il a estimé qu'une Europe sans nucléaire était possible "peut-être dans 80 ans", mais "pas maintenant".

"Ca ne sert à rien d'être sans nucléaire si c'est pour importer un pourcentage élevé de notre électricité et de soutenir ainsi les centrales" des pays d'où nous l'exportons, a-t-il souligné, rappelant que "même au Japon, il y a encore 35 centrales nucléaires qui fonctionnent".