Les ONG du Grenelle demandent un «débat public» sur l'énergie à Nicolas Sarkozy

ENERGIE Les représentants des associations ont été reçus lundi par le Président après l'accident nucléaire au Japon...

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Les ONG reçues à l'Elysée pour préparer le Grenelle de l'Environnement, en mai 2007.
Les ONG reçues à l'Elysée pour préparer le Grenelle de l'Environnement, en mai 2007. — CHESNOT/SIPA

Un débat « franc et un peu chaud ». C’est ainsi que Serge Orru, directeur général du WWF France et porte-parole de l'Alliance pour la planète, collectif d'une trentaines d'associations a décrit la rencontre entre les ONG du Grenelle de l’environnement et Nicolas Sarkozy. Elles lui ont demandé lundi «un débat public» sur l'énergie et le choix du nucléaire en France après l'accident au Japon. Le président Nicolas Sarkozy a promis une réunion internationale sur la question de l'énergie et de la sûreté nucléaire dans le cadre du G8-G20, a indiqué à l'AFP Serge Orru: «Avec ce qui se passe au Japon, il est grand temps d'avoir un débat», a-i-il estimé à l'issue de cette réunion à laquelle étaient notamment conviés WWF, Greenpeace et la Fondation Nicolas Hulot.

«Ce débat n'a jamais eu lieu»

Dans un communiqué rendu public avant la rencontre entre le président de la République et les ONG, l'Alliance pour la planète a réclamé un «Grenelle de l'énergie avant l'été» accompagné d'un «grand débat public démocratique», qui inclurait «la question du choix de la filière nucléaire qui montre une fois de plus qu'elle est plus un problème qu'une solution». Le collectif, qui regroupe désormais une trentaine d'associations mais pas FNH (parti en 2007) ni Greenpeace (parti fin 2010), demande «un moratoire d'urgence sur les énergies fossiles non-conventionnelles», faisant notamment référence aux projets d'exploration de gaz et d'huile de schiste en France. «Nous ne pourrons, du jour au lendemain, renoncer totalement au pétrole et au nucléaire, mais il est absurde d'investir dans de nouvelles technologies d'extraction du fossile ou dans la fusion nucléaire sans consulter nos concitoyens», estime le collectif.

Dans un communiqué distinct, la Fondation Nicolas Hulot a également demandé un «grand débat public sur la production et la consommation d'énergie». «Lors du Grenelle de l'Environnement, les ONG avaient accepté de ne pas discuter du nucléaire à la condition qu'ait lieu un grand débat sur la production et la consommation d'énergie en France (nucléaire, énergies fossiles, renouvelables). Ce débat n'a jamais eu lieu», fait valoir FNH. «Combien de catastrophes écologiques, sociales, environnementales - en un mot, combien de catastrophes humaines - devrons-nous encore subir avant d'entamer une révolution énergétique mondiale?», demande FNH. «N'oublions pas que c'est bien parce que nos consommations sont toujours plus importantes que nous avons recours à des technologies à risque (...). La seule voie possible est donc bien de limiter nos consommations d'énergie et d'engager sur le long terme le développement des énergies renouvelables», ajoute-t-elle.