Que se passe-t-il dans les centrales japonaises?

DECRYPTAGE Le point sur les mécanismes en cause dans les centrales nucléaires japonaises...

A.C.

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Images satellite de la centrale nucléaire de Fukushima, au Japon, où s'est produite une explosion le 12 mars 2011.
Images satellite de la centrale nucléaire de Fukushima, au Japon, où s'est produite une explosion le 12 mars 2011. — REUTERS/Ho New

Depuis plus de trois jours, les centrales nucléaires du Japon sont à l’arrêt et menacent le pays d’une troisième catastrophe après le séisme et le tsunami du 11 mars. 20minutes.fr fait le point pour comprendre ce qui se passe dans et autour des centrales.

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Que s’est-il passé juste après le tsunami?

Comme prévu en cas de catastrophe naturelle, les réacteurs des centrales nucléaires se sont arrêtés. Toute fission a donc cessé, mais la chaleur dégagée par les fissions antérieures était toujours présente. Cette chaleur résiduelle, décroissante, doit être refroidie pendant plusieurs jours et c’est là que réside le problème: les systèmes d’alimentation en électricité et en eau ayant été coupés, le système de secours normal pour refroidir les réacteurs ne marchait plus.

Quelles solutions ont été mises en oeuvre?

Ce sont des systèmes d’urgence qui ont été utilisés: pour la première fois on envoyé de l’eau de mer dans les réacteurs pour les refroidir. Une solution qui ne présente pas de danger selon Bertrand Barré, retraité du CEA (Commissariat à l’énergie atomique): «Ca vaut mieux que pas d’eau du tout et la seule conséquence sera que les réacteurs ne redémarreront pas». Greenpeace France est un peu moins confiant: «En s’évaporant, cette eau dépose du sel, qui risque donc de se concentrer sous forme d’une croûte et d’empêcher l’eau de refroidissement de continuer à circuler».

Pourquoi y a-t-il eu des explosions?

L’eau injectée dans le cœur du réacteur de Fukushima a bouilli et s’est changée en vapeur qui a oxydé les gaines métalliques du combustible. Cette oxydation a libéré de l’hydrogène qui a fait augmenter la pression à l’intérieur de l’enceinte de confinement. Pour éviter une explosion interne, il a fallu relâcher cette vapeur dans l’air et la rencontre entre l’air et l’hydrogène a provoqué des explosions en dehors de l’enceinte de confinement. «Cette explosion spectaculaire n’est en soi pas très grave», tempère Bertrand Barré.

Y a-t-il des éléments radioactifs dans l’air?

Dans la vapeur dégagée lors de la dépressurisation volontaire, il y avait bien une partie d’éléments radioactifs, mais la majorité reste encore confinée dans les cuves, à l’intérieur des enceintes de confinement. Ces produits sont les combustibles contenus dans les gaines métalliques du cœur qui peuvent fondre si elles ne refroidissent pas assez. C’est cette «fusion du cœur», qui peut avoir lieu à partir de 1.200°C, qui pourrait détériorer la cuve, affaiblir l’enceinte de confinement et finalement relâcher les éléments radioactifs tels que le fameux Mox (mélange d’oxyde d’uranium et d’oxyde de plutonium) ou, plus dangereux, les produits de fission comme l’iode et le césium.