Après l'accident au Japon, le débat sur le nucléaire repart en France

NUCLÉAIRE es écologistes montent au créneau en France après l'accident de la centrale japonaise...

J. R. avec Reuters

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Cécile Duflot en conférence de presse à Toulouse, le 25 février 2011
Cécile Duflot en conférence de presse à Toulouse, le 25 février 2011 — AFP PHOTO / ERIC CABANIS

L'explosion de la centrale nucléaire de Fukushima- Daiichi au Japon a relancé le débat samedi sur la sûreté des installations en France. Elle est en effet le deuxième plus grand pays nucléaire au monde après les Etats-Unis et dispose de 58 réacteurs nucléaires, contre 55 au Japon, répartis dans 19 sites sur tout le territoire.

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Face à l’inquiétude grandissante, les autorités de surveillance ont ainsi annoncé le renforcement immédiat de la surveillance de qualité de l'air et assuré que les Français seraient informés «en temps réel».

Des rejets «faiblement radioactifs»

A Paris, les ministres de l'Ecologie et de l'Energie ont fait le point en fin de journée avec l'ensemble de la filière nucléaire française. Ils ont ainsi évoqué les risques du nuage radioactif et les mesures de sécurité au sein des centrales françaises. Selon Nathalie Kosciusko-Morizet, l'outre-mer français n'est pas menacé. Elle a précisé que les rejets de la centrale japonaise sont «faiblement radioactifs».

«Il y a des révisions régulières», a assuré Eric Besson, ministre de l’Industrie, mais a réfuté le terme de «catastrophe nucléaire» pour parler du Japon. L'association Sortir du nucléaire a également appelé  à la prudence, estimant que le manque d'informations ne permettait pas de qualifier ce qui s'est passé au Japon.

«Combien de tragédies» avant l’arrêt                                  

Alors que l’agence nucléaire japonaise a minimisé l’accident, au regard de Tchernobyl notamment, la France tente ainsi de rassurer. La présidente de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), Agnès Buzyn, a promis la plus grande transparence.

Mais ces promesses ont été immédiatement rejetées par les écologistes qui réclament l'abandon pur et simple du nucléaire. «Même au Japon, pays au nucléaire réputé très sûr, la situation semble aujourd'hui échapper à tout contrôle», prévient Greenpeace. Le Parti de Gauche s’est lui demandé «combien de tragédies» seraient nécessaires «avant de prendre la décision de sortir du nucléaire».

Les écologistes montent au créneau

Les écologistes se sont également montrés inquiets. Selon eux, la France se repose quasi-exclusivement sur le nucléaire pour son électricité. En outre, ils dénoncent que certaines de ses centrales soient situées en zone sismique, comme celle de Fessenheim en Alsace. Ils ont également insisté sur l’anomalie signalée par EDF, début février. Celle-ci signalait une anomalie dans le «circuit d'injection de sécurité» (RIS) de 34 de ses 58 réacteurs.

Interrogée sur l’incident au Japon, «pas lié directement au risque sismique», Cécile Duflot estime qu’il «existe donc un risque similaire en France». La secrétaire nationale d’Europe Ecologie-Les Verts a en outre rappelé que «la sécurité absolue n’existe pas».