La vague du tsunami s'engouffre dans les terres près d'Iwanuma, le 11 mars 2011.
La vague du tsunami s'engouffre dans les terres près d'Iwanuma, le 11 mars 2011. — KYODO / REUTERS

INTERVIEW

Japon: «Ce sont 100 ans de pression qui se sont libérés»

La sismologue Eléonore Stutzmann revient sur le séisme «colossal» qui a frappé le pays...

8,9 sur l’échelle de Richter : un séisme sans précédent a fait trembler le Japon ce vendredi. La sismologue à l’Institut de physique du globe de Paris, Eléonore Stutzmann, répond aux questions de 20minutes.fr.

Qu’est-ce qui a provoqué ce séisme?

Le séisme a eu lieu à la frontière de la plaque Pacifique, à l’endroit où elle plonge sous le Japon. Cette plaque bouge chaque année de huit centimètres, donc les séismes sont des réajustements réguliers. La zone qui a cassé cette fois se trouve près de Sendai, sur une faille parallèle à la côte japonaise. Cette faille se trouve à 200 kms des côtes, elle fait 400 à 500 kms de long et 30 km d’épaisseur. Quant une faille de cette taille bouge, c’est colossal.

Pourquoi le séisme a été aussi fort?

Ce séisme est le plus fort jamais enregistré au Japon, on ne pensait même pas que ce serait possible. La force du tremblement de terre est due au fait que la plaque a été bloquée pendant longtemps. Les séismes réguliers qui ont lieu au Japon n’ont pas été suffisants pour ajuster sa position. Le dernier tremblement de terre comparable à celui-ci remonte à 1896. Ce sont donc plus de 100 ans de pression qui se sont accumulés et se sont libérés.

Quelles répliques peut-on attendre?

Des répliques de faible ampleur vont avoir lieu par la modification des contraintes sismiques de proche en proche pendant plusieurs mois. Mais ce qui est à craindre c’est une redistribution des contraintes dans la région de Tokyo qui pourrait faciliter un autre séisme, peut-être le Big One  attendu dans cette région. Ce serait un séisme de magnitude plus faible que celui-ci mais qui causerait des dégâts plus importants.