Les couloirs de pub dans le viseur

ENVIRONNEMENT La consultation publique sur la réforme de l'affichage publicitaire touche à sa fin. Mais les débats sont loin d’être terminés…

Mickaël Bosredon
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Affichage publicitaire en entrée de ville à Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis
Affichage publicitaire en entrée de ville à Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis — A.GELEBART/20MINUTES

«Mettre fin aux couloirs publicitaires dans les entrées des villes.» C’était le souhait de la ministre de l’Ecologie, le 23 février dernier, lors du lancement de la consultation publique en vue de la réforme de l’affichage publicitaire que le gouvernement veut mettre en place. «Il s’agit d’un engagement phare du Grenelle de l’Environnement» a rappelé la ministre. Cette consultation s’achève vendredi 11 mars et devrait encore susciter de nombreux débats.

Même si rien n’est encore arrêté, un projet de décret a déjà fuité. Provoquant la colère des anti-panneaux publicitaires, estimant que les mesures sont trop permissives, ainsi que du syndicat national des enseignes et de la signalétique, qui craint lui trop de contraintes.

«Ce projet de décret jette les enseignes avec l’eau du bain (…) En limitant notamment à une surface cumulée de 20m2 les enseignes par bâtiment, il est incohérent et discriminant (…) alors que l’enseigne est le seul moyen de faire connaître une activité sur le lieu où elle s’exerce.» Le Synafel assure être «volontaire et moteur pour une démarche environnementale qui prend en compte l’intégration des enseignes dans l’environnement urbain» mais ce projet « porte atteinte au commerce car il attaque la nécessaire visibilité des commerces et entreprises».

Du côté des associations anti-pub et des mouvements écologistes, le ton est évidemment très différent. Le 1er mars dernier les jeunes écologistes dénonçaient ainsi «un projet de décret – beaucoup- trop permissif». «Nous déplorons l’absence d’avancée réelle sur la taille maximale autorisée pour les panneaux publicitaires. Le décret entérine une surface maximale de 12m2, qui est en réalité déjà la norme de fait, les panneaux 4X3 ayant déjà envahi nos espaces publics. Nous souhaitons également qu’une réglementation soit applicable aux bâches publicitaires qui pourront sans restriction envahir des pans de mur entiers. » Reste enfin le cas des enseignes lumineuses. « Le décret prévoit l’obligation de les éteindre de minuit à six heures. Cela est salutaire, mais insuffisant (…) La réglementation horaire doit s’aligner sur celle du tapage nocturne : de dix heures du soir à six heures du matin.»