Une ONG dénonce les marées noires dans les cours d'eau français

EAU L'association écologiste Robin des Bois a recensé les accidents ayant provoqué des marées noires dans les eaux douces françaises...

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Un pompier surveille un barrage flottant installé sur la rivière le Largue à Saint-Maime, le 02 mai 2010 après une fuite d'hydrocarbure dans une entreprise.
Un pompier surveille un barrage flottant installé sur la rivière le Largue à Saint-Maime, le 02 mai 2010 après une fuite d'hydrocarbure dans une entreprise. — AFP PHOTO ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

L'association écologiste Robin des Bois a dénoncé mercredi dans un rapport la hausse, dans «l'indifférence des pouvoirs publics», des «marées noires» dans les cours d'eau de France, notamment après des accidents de camions dont les réservoirs se déversent. Dans son Atlas 2008-2010, Robin des Bois recense 643 pollutions aux hydrocarbures (moyenne annuelle de 214), contre 561 (moyenne de 140) dans sa précédente édition portant sur la période 2004-2007. Alors que la pollution aux PCB entraîne souvent des restrictions ou interdictions de pêche, ces «marées noires» s'amplifient «dans l'indifférence des pouvoirs publics», écrit l'association dans son Atlas.

«Nous sommes étonnés par la différence entre la perception des marées noires en mer et en eaux douces», relève Jacky Bonnemains, son président. «L'une des explications est sans doute que les pollutions en rivière sont emportées par le courant vers l'aval. Le fleuve est un lieu de transit et n'appartient à personne. La plage est un terminal pour la marée noire et elle est considérée comme un bien public», poursuit-il. Dans son Atlas, l'association souligne que ces pollutions condamnent faune et flore «à une triple peine»: «le colmatage et l'engluement, la longue dégradation de l'habitat et la bioaccumulation de micropolluants toxiques et persistants comme les métaux lourds».

Première cause, les accidents de poids lourds

L'association considère comme «marée noire» tout «déversement d'hydrocarbure» (pétrole brut, carburants, huiles, solvants...) dans un cours d'eau. Le bilan a été largement réalisé à partir d'articles de la presse régionale faisant état de ces pollutions et de leurs causes, a expliqué à l'AFP Christine Bossard, chargée de campagne. «Il est évident qu'il y a beaucoup de pollutions qui ne sont pas connues», précise-t-elle. Par ailleurs, si certaines régions semblent épargnées, comme la Corse ou la zone entre Marseille et Nice, cela peut signifier qu'aucune pollution n'a eu lieu, ou plus probablement pour Christine Bossard qu'elle s'est déroulée dans «l'indifférence» des médias et populations locales.

Parmi les causes identifiées de ces marées noires, l'Atlas cite en premier lieu les accidents impliquant des poids lourds dont la citerne ou le réservoir se percent, le carburant se répandant jusqu'à des cours d'eau. La deuxième cause est la «maintenance dégradée, la vétusté ou l'abandon des cuves à fioul de chauffage». Les pollutions par hydrocarbures d'origine industrielle passent de la première à la troisième place. Suivent les pollutions d'origine agricole comme les vidanges intempestives de cuves à fioul ou à gazole et enfin, le dégazage lié au transport et tourisme fluvial. «Compte tenu des incertitudes des évaluations et de l'absence de quantification pour les 2/3 des déversements connus, Robin des Bois estime à 5.735.000 de litres le volume d'hydrocarbures rejetés dans les eaux douces sur les trois dernières années», précise Jacky Bonnemains.