Bernard Werber: «Quand je ne vais pas bien, je me retrouve près des arbres»

INTERVIEW Avec 15 millions de livres vendus, l'auteur de la trilogie sur les fourmis est l’un des français les plus lus au monde. Rencontre à l’occasion de la sortie de sa deuxième pièce de théâtre «Bienvenue au paradis» à Bordeaux...

Propos recueillis par Yolaine de la Bigne

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Bernard Werber, l'auteur des fourmis, est un des français les plus au monde
Bernard Werber, l'auteur des fourmis, est un des français les plus au monde — Thierry Cohen

Comment êtes-vous devenu sensible à l’écologie?

Si je devais chercher l’origine, je dirais tout simplement: «de l’observation de la nature!» Quand j’étais petit, là où les autres enfants partaient en colonie de vacances je restais chez mes grands-parents qui avaient un petit jardin. Je restais toute la journée dans le jardin à observer ce qu’il s’y passait. J’ai notamment fini par observer les fourmis, par faire des élevages de fourmis, mais aussi de têtards. Tous ces animaux ont du un peu souffrir parce que je les mettais dans des bocaux ou dans des boîtes à chaussures mais au fur et à mesure, je cherchais comment les faire vivre, comment ils fonctionnaient. Je les observais et j’essayais de voir les rapports entre le mur de lézards, la fourmilière, les têtards… Je regardais comme on regarderait un film et donc ma première action écologique a consisté à observer la nature! Ca m’a l’air la base de toute forme de sciences. D’abord observer et surtout ne pas lire ce que quelqu’un vous dit que vous devez comprendre de l’observation! D’ailleurs, je n’aime pas du tout lire de livre et je n’aime surtout pas m’inspirer de livres pour écrire les miens. Je trouve qu’il faut laisser faire la nature, la laisser s’exprimer toute seule sans lui donner une interprétation politique. Je trouve affreux de devoir avoir une étiquette pour expliquer qu’on se sent bien dans la nature et qu’on a envi de préserver sa planète. Dire qu’on est écologiste, ça voudrait dire que ce n’est pas évident.

Comment vivez-vous vos idées maintenant au quotidien? Est-ce que l’amour de la nature influence votre vie?

D’abord j’ai un rendez-vous à peu près trois à quatre fois par semaine avec la forêt . C’est-à-dire que je considère que toute la folie des hommes, le fait que tous ces gens sont dépressifs, sont en psychanalyse, sont en train de prendre des somnifères ou des calmants, vient du fait qu’ils sont coupés de la nature. J’en suis convaincu depuis que je suis tout petit et je sais que quand je ne vais pas bien, il faut que je me retrouve près des arbres.

Mais au-delà de ça, est-ce que vous mangez bio? Est-ce que vous roulez à vélo? Est-ce que vous mangez de la viande?

Je ne mange pas de viande, ou très peu, peut-être une fois par mois mais je n’ai pas un blocage non plus. Je tends à réduire mon sucre, je tends à boire plus, je tends à respirer mieux et je trouve que ces choses là sont des choses que l’on devrait apprendre à l’école. On devrait apprendre à respirer amplement, avec le ventre et non pas avec le haut, on devrait aussi apprendre à regarder les étoiles la nuit: ça me semble être une activité d’écologie de base.

L’intégralité de l’interview sur NEOPLANETE