La consigne, une idée simple remise au goût du jour dans le Var

DECHETS La Fondation Nicolas Hulot soutient le projet d'une association locale pour réduire les déchets et favoriser le commerce local...

Audrey Chauvet
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Un box destiné à déposer les bouteilles consignées dans le cadre du programme lancé par Ecoscience Provence dans le Var.
Un box destiné à déposer les bouteilles consignées dans le cadre du programme lancé par Ecoscience Provence dans le Var. — Ecoscience Provence

C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleurs… vins. En remettant au goût du jour la consigne du verre, l’association Ecoscience Provence veut réduire la quantité de déchets incinérés ou enfouis dans les seize communes du réseau «Commerce engagé». Lancée officiellement le 28 février, la campagne devrait rapidement essaimer dans les communes voisines, à l’image du programme de labellisation des commerces engagés pour la réduction des déchets lancé par l’association en 2008.

Un système écologiquement et économiquement intéressant

Quasiment disparue en France, la consigne s’avère plus écologique et économique que le recyclage du verre. Ecoscience, s’appuyant comme pour chacune de ses actions sur des études scientifiques, a ainsi établi que récupérer le verre et le nettoyer pour le remettre dans le circuit émettait moins de CO2 et utilisait moins d’eau et d’énergie que de le faire fondre et fabriquer de nouvelles bouteilles.

Quatre viticulteurs du Var se sont engagés à récupérer leurs bouteilles, ce qui devrait leur permettre de réduire le prix d’achat des récipients vides. Pour la collectivité, le coût de retraitement des déchets devrait diminuer. Quant aux consommateurs, ils reçoivent des bons de réduction en échange des bouteilles rapportées. «Les gens avaient surtout des craintes pour l’hygiène, mais le prestataire de lavage suit des règles précises», explique Yves Ekila, chargé de projets environnement chez Ecoscience.

Réduction des déchets et circuits courts

Ecoscience agit localement dans le Var depuis 2008 avec le programme «Commerce engagé» et «Producteur engagé». 58 commerçants et 12 producteurs se sont soumis au cahier des charges élaboré par l’association pour obtenir le label: «Nous avons fait du porte à porte auprès des commerçants qui faisaient déjà des choses pour l’environnement sans que ce soit mis en valeur», commente Yves Ekila.

La jardinerie s’est ainsi engagée à reprendre les pots de fleurs, la fabricante de confitures réutilise tous ses pots en verre et le supermarché favorise les produits locaux et labellisés. Yves Ekila se réjouit de la tournure prise par la démarche: «Un réseau se crée entre les producteurs et les commerçants», explique-t-il.

Un projet qui essaime, même dans les grandes villes

Soutenu par l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) et la Fondation Nicolas Hulot, le projet d’Ecosciences pourrait bientôt être reproduit ailleurs. La métropole de Rennes, soit 37 communes et 400.000 habitants, est intéressée pour développer un système de circuit court et écologique sur le même principe. «Le label est co-construit avec les commerçants et s’adapte en fonction des spécificités du territoire», précise Yves Ekila. Des petites actions qui pourraient venir à bout d’une montagne de déchets.