Pollution de l'air:le respect des seuils de l'OMS augmenterait l'espérance de vie

ENVIRONNEMENT Une étude menée dans 12 pays a mesuré le gain en espérance de vie des populations, si les valeurs préconisées par l'OMS étaient respectées...

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Des automobilistes circulent sous un panneau de limitation de la  vitesse, réduite à 70km/h en raison de la canicule qui augmente les  risques de pollution à l'ozone, sur  l'autoroute du Littoral à Marseille, le 18 août 2009.
Des automobilistes circulent sous un panneau de limitation de la vitesse, réduite à 70km/h en raison de la canicule qui augmente les risques de pollution à l'ozone, sur l'autoroute du Littoral à Marseille, le 18 août 2009. — AFP PHOTO / GERARD JULIEN

L'espérance de vie dans les grandes villes européennes pourrait augmenter jusqu'à 22 mois pour les personnes âgées de 30 ans et plus si la valeur guide préconisée par l'OMS pour les particules fines de l'atmosphère était respectée, montrent les résultats du projet Aphekom publiés mercredi.

Le dépassement du seuil de 10 microgrammes par mètre-cube fixé par l'Organisation mondiale de la santé pour le niveau moyen annuel de particules fines (diamètre inférieur à 2,5 micromètres) se traduit ainsi par 19.000 morts par an, selon ces travaux menés dans 25 grandes villes européennes totalisant 39 millions d'habitants.

Marseille a plus à gagner que Paris

D'un point de vue économique, le respect de la valeur guide OMS se traduirait par un bénéfice d'environ 31,5 milliards d'euros par an (diminution des dépenses de santé, de l'absentéisme...).

Bucarest, dont le niveau moyen annuel de particules fines atteint 38 microgrammes par mètre-cube, aurait le gain le plus important d'espérance de vie (22 mois). Stockholm est la seule ville sous le seuil OMS (9,4 microgrammes/m3).

Pour la France, c'est Marseille (18,5 microgrammes/m3) qui aurait le plus à gagner (7,5 mois), devant Lille et Paris (5,8 mois).

Les particules fines sont favorisées notamment par les émissions des véhicules diesel et du chauffage. Elles pénètrent profondément le système respiratoire.

Le projet Aphekom sur les effets sanitaires et économiques de la pollution atmosphérique a été mené de juillet 2008 à mars 2011 dans 12 pays européens, par plus de 60 scientifiques. Il a été co-financé par le programme européen d'action communautaire dans le domaine de la santé publique et des organismes nationaux, et coordonné par l'Institut de veille sanitaire (InVS).