Photovoltaïque: les professionnels restent inquiets après les annonces de Fillon

ENERGIE Les pistes pour relancer le photovoltaïque en France indiquées par le Premier ministre, n'ont pas convaincu...

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Installation de panneaux photovoltaïques.
Installation de panneaux photovoltaïques. — GILE MICHEL/SIPA

Les professionnels de l'énergie photovoltaïque se sont dits inquiets pour leur avenir, après l'annonce du Premier ministre mardi de relancer ce secteur en triplant les capacités et en baissant de 20% le tarif de rachat de ce type d'électricité.

«Il y a encore beaucoup d'incertitude aujourd'hui sur ce texte de décret, mais, la principale crainte, c'est la baisse du tarif de 20%» en dessous de celui pratiqué au 1er septembre 2010, a déclaré à l'AFP André Joffre, vice-président d'Enerplan, qui regroupe les professionnels du secteur.

A trois semaines de l'expiration du moratoire sur les projets photovoltaïques, François Fillon s'est engagé mardi à au moins tripler, d'ici à la fin 2012, la capacité de production du parc français de panneaux photovoltaïques tout en annonçant une baisse de 20% du tarif de rachat de l'électricté solaire.

«Cela va rendre les projets difficiles à réaliser économiquement, donc il faudra faire appel malheureusement à des produits bon marché fabriqués dans des pays où la main d'oeuvre est moins chère», a ajouté M. Joffre.

Rappelant qu'en 2010 les professionnels ont investi 200 millions d'euros, M. Joffre a expliqué qu'ils sont en grande difficulté depuis l'instauration, début décembre, du moratoire pour calmer l'emballement de la file d'attente qui concernait des projets pour un total de 6.400 mégawatts. «Aujourd'hui, ils se sentent un peu abandonnés et cela va se traduire par des fermetures d'entreprises», a-t-il souligné.

Après trois mois d'une concertation initiée par le gouvernement avec les acteurs du secteur pour redéfinir une politique d'aides publiques, les professionnels ont reconnu l'utilité de l'exercice tout en regrettant le manque de transparence sur cette file d'attente.

«On nous a donné des chiffres globaux sans nous dire exactement qui était dedans: des groupes, des entreprises, des concentrations d'acteurs, des PME?», a noté M. Joffre.

Pour José Chaves, directeur technique de la société Enfinity à Aix-en-Provence, «on ne veut pas que la liste d'attente soit connue pour protéger EDF et toutes les filiales d'EDF, tous les schémas de portage qu'ils ont trouvé via les banques et leurs partenaires.»

Selon lui, «on va découvrir qu'ils ont peut-être la moitié de la file d'attente. Et là, je pense qu'il y a plus une question d'opposition politique que de moyens.»