L'Australie lutte contre le crapaud-buffle

BIODIVERSITE Des filets suffiraient pour enrayer l'invasion...

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Un crapaud-buffle australien.
Un crapaud-buffle australien. — Mark Baker/AP/SIPA

Depuis son arrivée en Australie voici plus de 75 ans, le crapaud buffle ravage le nord-est du pays, détruisant les espèces concurrentes et colonisant sans cesse de nouveaux territoires. Il suffirait pourtant de petites barrières pour endiguer ce fléau, selon des scientifiques. Originaire d'Amérique centrale, le crapaud buffle (Bufo marinus), aussi appelé crapaud géant puisqu'il est le plus imposant représentant de son espèce, a été introduit en Australie en 1935 afin de lutter contre des coléoptères qui dévastaient à l'époque les plantations de canne à sucre. Une mauvaise idée, car non seulement l'animal n'a pas éradiqué ces insectes mais il est devenu une nuisance bien plus redoutable.

Le talon d’Achille du crapaud: son besoin d’eau

Bufo marinus a déjà colonisé une surface d'environ 1,2 million de km2 dans l'Etat du Queensland et le Territoire du Nord. Il progresse chaque année de 50 km supplémentaires, mettant en danger la biodiversité de ces régions, estiment des experts. Officiellement considéré comme une espèce nuisible, le crapaud buffle est désormais impitoyablement pourchassé, parfois à coups de cannes de golf.

Malgré ses dimensions impressionnantes, qui peuvent atteindre jusqu'à 25 cm pour 2 kg, sa peau hautement toxique et sa vitesse de reproduction vertigineuse, le batracien a pourtant un talon d'Achille. Contrairement aux amphibiens australiens qui se sont adaptés à leur environnement aride, il a un besoin vital d'accès à l'eau, relève une étude publiée mercredi dans la revue de la Royal Society britannique.

Des filets suffisent à arrêter le crapaud

De petites clôtures disposées stratégiquement autour des points d'eau et fossés d'irrigation suffiraient donc à le faire mourir de déshydratation et à stopper l'invasion. «Pour résumer, les crapauds utilisent ces points d'eau pour progresser petit à petit vers l'intérieur des terres, dans les régions australiennes plus sèches», explique à l'AFP Tim Dempster, chercheur à l'Université de Melbourne.

Pour s'en assurer, Tim Dempster et son équipe ont placé des crapauds buffles près de neuf points d'eau artificiels durant la saison sèche. L'accès de certains de ces points d'eau était libre, tandis que d'autres étaient entourés d'un filet de soixante centimètres de haut dont la base était enfouie dans le sol pour empêcher les crapauds de passer en dessous. La totalité des 21 crapauds placés près des points d'eau ainsi protégés sont morts, pour la plupart dans un délai de douze heures. A l'inverse, les 20 spécimens ayant libre accès à l'eau ont survécu, à l'exception d'un crapaud tué par un oiseau.