Et si les saumons devenaient végétariens?

ALIMENTATION Donner des légumes à manger aux saumons d'élevage les rendraient plus sains pour la consommation humaine...

A.C.

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Un élevage de saumons en Norvège.
Un élevage de saumons en Norvège. — TIBEL/SCANPIX SUEDE/SIPA

Des saumons sur-mesure: pour rassurer les consommateurs, des chercheurs en nutrition animale essayent de trouver la bonne formule pour nourrir les saumons d’élevage en assurant un bon apport en Oméga-3 et en réduisant les polluants présents dans la chair du poisson. Les scientifiques du projet Aquamax ont ainsi  testé une alimentation à base de légumes pour les saumons d’élevage. Ils seraient ainsi un peu moins chargés en Oméga-3 que lorsqu’ils consomment des farines marines, mais surtout moins truffés de polluants.

Des taux plus faibles de dioxine dans les saumons

Selon les scientifiques du projet Aquamax, mené par l'institut national norvégien de nutrition et de recherche sur les produits de la mer (Nifes), 70% des huiles de poisson et 80% des protéines marines composant la nourriture des saumons d’élevage pourraient être remplacés par  des ingrédients végétaux sans perdre aucune des qualités nutritionnelles de la viande de saumon pour l’homme.

«Nous savons que nous perdons quelques Oméga-3 marins contenus dans la graisse du poisson en altérant la composition de leur alimentation», explique Øyvind Lie, directeur du Nifes. «Pourtant, si on les compare aux sources végétales, ces mêmes ingrédients marins peuvent contenir plus de polluants tels que des dioxines, des PCB et des agents ignifuges bromés. Nous avons observé des taux plus faibles de dioxines dans les poissons nourris à base d'ingrédients végétaux», précise-t-il. 

Ces polluants sont particulièrement dangereux pour les femmes enceintes, qui ont pourtant grand besoin des apports en acides gras du poisson. Des tests sur des mères et leurs bébés ont donc été menés par Aquamax: les saumons alimentés avec des légumes  restent une bonne source d’Oméga-3, même s’ils en ont reçu moins dans leur nourriture. Øyvind Lie espère que cette découverte permettra de réduire la dépendance aux ressources marines des élevages et de diminuer la consommation de polluants.