Campagne d'affichage choc sur l'agriculture : la polémique gagne le gouvernement

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A trois jours du Salon de l'agriculture, la campagne d'affichage choc de France Nature Environnement a fait réagir jusque dans le gouvernement avec un ministre de l'Agriculture dénonçant un "scandale" quand son homologue de l'Ecologie défendait le "droit d'expression" des ONG.

"Notre intention était de susciter le débat, on est content qu'il émerge. Débattons!", s'est exclamé Benoît Hartmann, porte-parole de la fédération regroupant 3.000 associations de protection de l'environnement.

FNE a lancé mardi une campagne avec des visuels et des slogans chocs dans trois stations du métro parisien sur les OGM, les pesticides et les algues vertes.

Dans une tribune publiée par Libération, puis devant les chasseurs réunis en Etats généraux et enfin à l'Assemblée nationale, le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire a qualifié de "scandale" la campagne de FNE.

"Quand j'entends une association de défense de l'environnement (...) reprendre le vieux refrain +agriculteur = pollueur+, en employant des images fortes pour choquer et scandaliser, je dois dire que je suis partagé entre la consternation et la colère", a-t-il notamment lancé devant les chasseurs.

"La campagne de FNE contre l'agriculture est une campagne - et je pèse mes mots - scandaleuse et inacceptable", a-t-il estimé.

La ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet a pour sa part défendu "le droit d'expression" des associations environnementales, estimant que "c'est un principe fondateur du Grenelle de l'Environnement".

"FNE a choisi d'affirmer ses inquiétudes sur un certain modèle agricole avec des visuels un peu chocs. C'est un style contemporain qu'on trouve dans d'autres campagnes de communication, y compris dans certaines campagnes de communication de l'Etat", a-t-elle déclaré à l'AFP.

"De façon évidente, ils ne faut pas prendre les visuels au pied de la lettre, ils sont là pour faire réagir", a-t-elle ajouté.

Les affiches de FNE suscitaient aussi toujours de vives réactions mercredi en Bretagne où élus et professionnels s'estiment visés par les visuels sur les algues vertes.

La région Bretagne a annoncé son intention "d'assigner devant le tribunal de grande instance de Paris l'association FNE, notamment pour atteinte à son image" alors que le Comité régional du tourisme de Bretagne a saisi l'Autorité de régulation professionnelle de la publicité, le gendarme de la pub.

Deux organisations agricoles avaient demandé lundi à la justice d'interdire trois des six visuels, mais leurs requêtes avaient été rejetées.

FNE, qui dénonce pour sa part une "censure" après avoir constaté que seuls trois des six visuels prévus avaient été affichés mardi dans le métro, a précisé qu'elle serait bien présente, comme tous les ans, au Salon de l'agriculture qui ouvre ses portes samedi.