«Pig business», un film pour dénoncer l'élevage porcin intensif

DOCUMENTAIRE La production de porc industrielle est accusée de nuire à l'environnement et à la santé mais capte de nombreuses aides européennes...

A.C.

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Exploitation porcine à Douarnenez, en Bretagne.
Exploitation porcine à Douarnenez, en Bretagne. — ZEPPELIN/SIPA

Première viande consommée en France avec 35 kg par an et par personne, le porc est victime de son succès. Partout dans le monde, les élevages deviennent de véritables usines à viande qui n’hésitent pas à doper les animaux aux antibiotiques, à les manipuler génétiquement pour maximiser leur rendement et à les faire vivre dans des conditions désastreuses. Un documentaire britannique, Pig business réalisé par Tracy Worcester,  illustre tous les excès de l’élevage industriel. Diffusé mercredi au Parlement européen, il a reçu le soutien de plusieurs ONG et de députés européens souhaitant réformer les subventions agricoles européennes.

Peser sur la PAC 2013

Les députés européens  Dan Jorgensen (Danemark), José Bové (France) et Janusz Wojciechowski (Pologne) ont organisé la projection de Pig business au Parlement européen pour peser dans le débat sur l’avenir de la Politique agricole commune (PAC). Pour José Bové, «Si la PAC favorise une agriculture qui détruit l'environnement, et fabrique des produits industriels de qualité médiocre, je ne vois pas pourquoi les Européens voudraient la financer. Tout le monde sait que 75 % des aides vont à 25% des agriculteurs, ceci n'est pas acceptable».

Pig business dénonce des pratiques qui nuisent à l’environnement mais également à la santé animale et potentiellement à celle des humains. Enfermés dans des hangars surpeuplés, entravés sur des caillebottis et poussés à faire toujours plus de portées de porcelets, les cochons deviennent plus fragiles et sont soignés avec des antibiotiques qui se retrouvent dans la viande. Résultat: l’antibiorésistance se développe dans la population et peut causer de graves problèmes de santé publique.

Le film dénonce également le mépris total du bien-être animal dans les fermes intensives et les conséquences désastreuses pour l’environnement de la concentration de lisier dans les zones d’élevage, à l’image du phénomène des algues vertes en Bretagne. L’auteur Tracy Worcester souhaite porter devant les gouvernements et l’Union européenne six «demandes», dont celle d’assurer que la PAC après 2013 «se déplace de la production animale industrielle vers une agriculture humaine et autonome et des formes durables d'élevage».