Australie: inondations et cyclone ont abimé la Grande barrière de corail

ENVIRONNEMENT Elle pourrait mettre plus de dix ans à s'en remettre...

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La Grande barrière de corail, en Australie.
La Grande barrière de corail, en Australie. — AUDET VINCENT/SIPA

La Grande barrière de corail, au large de la côte nord-est de l'Australie, pourrait mettre des années à se remettre des dégâts causés par les gigantesques inondations du mois dernier et le cyclone Yasi de jeudi, préviennent les experts. Yasi, un cyclone d'intensité maximale (5), a frappé une portion de la côte nord-est dans la nuit de mercredi à jeudi, au sud de Cairns, qui sert de porte d'entrée à de nombreux vacanciers vers la Grande barrière de corail.

Bien qu'il soit encore trop tôt pour tirer un bilan définitif des dégâts causés, les experts estiment que les coraux ont été forcément endommagés par les vents atteignant une vitesse de 290 km à l'heure. «Les cyclones endommagent les récifs», déclare à l'AFP Nick Graham, chercheur à l'université James Cook. «Ils sont particulièrement préjudiciables en eau peu profonde: ils brisent les coraux et peuvent tuer des récifs entiers de coraux vivants, ce qui réduit la surface totale» occupée par ces organismes.

Des fragments de coraux sur les plages

La Barrière de corail australienne, qui s'étend sur 354.000 km carrés, est déjà affectée par les gigantesques inondations qui ont recouvert une partie de l'Etat du Queensland (nord-est) fin décembre et début janvier. Des débris, des sédiments, des pesticides et autres saletés ont été rejetés à la mer, au large de la côte nord-est, notent les experts. Des fragments de coraux réduits en miettes par le cyclone ont déjà été récupérés sur les plages du nord-est, selon les autorités du parc marin de la Grande barrière de corail, qui estiment que la Barrière pourrait mettre dix ans à se remettre de ces deux catastrophes naturelles.

«Les cyclones sont des événements climatiques réguliers, qui affectent de manière très forte l'écosystème des récifs coraliens», souligne le président de ces autorités, Russel Reichelt. «Mais chaque cyclone affecte un endroit spécifique, alors que le changement climatique par exemple provoque un blanchiment des coraux sur une très grande échelle», ajoute-t-il. Les cyclones font partie de la vie normale de la Grande barrière: elle en a connu 55 entre 1969 et 1997, selon une étude récente. Mais le réchauffement et l'acidification des eaux de l'Océan ont accru la fréquence des passages de cyclone et rendu les coraux bien plus vulnérables qu'avant.

Lente convalescence pour les coraux

La convalescence des récifs «prend du temps car ils ne sont pas dans le meilleur état possible, ils n'ont pas beaucoup de résistance», déclare le professeur Ove Hoegh-Guldenburg, directeur de l'institut Global change à l'université du Queensland. En plus, comme la température des océans monte en raison du réchauffement climatique, la fréquence des cyclones du type Yasi augmente et cela peut avoir potentiellement un gros impact sur les récifs coraliens, réduisant leur capacité à se remettre, ajoute le professeur. La croissance des coraux sur la Grande barrière a nettement ralenti depuis 1990 et une partie d'entre eux souffrent de blanchiment, réduits à l'état de squelettes d'un blanc immaculé.