Les gaz de schiste et le nucléaire au menu du sommet européen sur l'énergie

ENERGIE Les conclusions du sommet de vendredi n'écartent pas ces deux énergies qui pourraient nuire au développement des renouvelables…

A.C.

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La centrale nucléaire de Tricastin, en septembre 2010.
La centrale nucléaire de Tricastin, en septembre 2010. — Claude Paris/AP/SIPA

Le sommet européen sur l’énergie de ce vendredi était attendu de pied ferme par les opposants au nucléaire et aux gaz de schiste. Depuis quelques jours, ils craignaient que le lobbying franco-tchèque pro-nucléaire et polonais pour les gaz de schiste ne mettent à mal les énergies renouvelables. Si le nucléaire n’a pas été cité clairement comme une priorité de l’Union européenne, les gaz et huiles de schiste ont malgré tout fait leur entrée dans les textes officiels de l’UE.

Une vision «carbo-centrée» de l’énergie

En réaffirmant sa volonté de promouvoir une énergie «sûre, durable et abordable», le sommet européen n’a pas mis l’accent uniquement sur les énergies renouvelables. Les pays membres ont ainsi déclaré vouloir «promouvoir les plus hauts standards de sécurité nucléaire» et «développer des partenariats avec la Russie», qui détient les plus gros stocks de gaz au monde.

Parlant d’énergie «décarbonée» plutôt que renouvelable, les conclusions du sommet font dire à Arnaud Gossement, avocat spécialisé en droit de l’environnement, que la France «contribue activement à une véritable offensive des défenseurs de l’énergie nucléaire»: «Au moyen du vocabulaire, petit à petit, en faisant évoluer les concepts juridiques, l'énergie nucléaire est en train de s'insérer parmi les énergies renouvelables en créant - en droit - une nouvelle catégorie: les énergies/technologies décarbonées. Grâce à cette conception carbo-centriste de l'énergie qui passe sous silence les impacts environnementaux liés à l'extraction de l'uranium, à la pointe ou au stockage des déchets radioactifs, le nucléaire progresse, dans les consciences et dans les textes», écrit l’avocat sur son blog.

«Evaluer le potentiel européen» pour les gaz de schiste

Pour les gaz de schiste, l’Union européenne n’a pas rejeté l’idée de pratiquer des explorations: le sommet a déclaré vouloir «évaluer le potentiel européen pour l’extraction et l’utilisation des ressources fossiles conventionnelles et non conventionnelles, comme les gaz et huiles de schiste». Une demande qualifiée de «pernicieuse» par l’eurodéputé Yannick Jadot, qui regrette l’absence d’une «vraie stratégie européenne pour les économies d'énergies».