Le «Projet pour la planète» d'une école primaire éco-citoyenne

EDUCATION Les élèves de «Living school» s'y connaissent en lombri-compostage et en réduction de l'empreinte environnementale…

Audrey Chauvet

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Un élève de CP fait une démonstration de lombri-compostage, à l'école Living School à Paris.
Un élève de CP fait une démonstration de lombri-compostage, à l'école Living School à Paris. — A.Chauvet - 20 Minutes

Ils ont entre six et huit ans mais en savent plus que beaucoup d’adultes sur les bons gestes écolos. A l’école privée «Living school», dans le 19e arrondissement de Paris, les élèves parlent naturellement de compost, de tri des déchets et de réduction de la consommation d’électricité. Des classes de maternelle aux plus grands (CP-CE1), l’éco-citoyenneté est au programme. Pour valoriser les nombreuses initiatives de l’école, l’équipe pédagogique s’est engagée dans le concours «Mon projet pour la planète», organisé par la marque «L’œuf de nos villages», qui récompensera les trois meilleurs projets parmi les 18 écoles en compétition.

Experts en lombri-compostage à sept ans

Ce mardi après-midi, c’est atelier lombri-compostage pour les CP-CE1 de Living School. Animateurs et experts en lombri-compostage, Eloïse, Tiber et Marlowe expliquent à leurs camarades comment ça marche: «Au premier étage on met les déchets végétaux, comme les épluchures de carotte, explique Tiber, sept ans, un lombricomposteur à la maison. On peut mettre le carton des œufs mais pas de pneus de voitures.» Schéma à l’appui, il explique que «le caca des lombrics se transforme en jus de ver de terre» et Marlowe précise l’intérêt de cette poubelle particulière: «C’est un peu écologique aussi, au lieu de jeter les épluchures et les brûler, on les transforme en terre et on les utilise pour les plantes».

L’école espère pouvoir bientôt installer un lombri-composteur dans la cour, lorsque les voisins auront donné leur accord: «Si on gagne le concours, on aura l’argent pour l’acheter», espère Mauve Doyen, coordinatrice des activités extra-scolaires.  

Deux «responsables planète» dans chaque classe

Souvent déjà sensibilisés à l’écologie dans leur famille, les élèves «adorent les temps dédiés à l’éco-citoyenneté» assure l’enseignante, Anne-Sophie de Oliveira. Et cette année, ils sont gâtés. Après la visite de Claudine André, qui a fondé un sanctuaire de protection des bonobos au Congo, les enfants ont confectionné un calendrier de l’Avent spécial bonobos pour collecter chaque jour un peu d’argent et parrainer des singes. Grâce aux 593 euros réunis, l’école est maintenant marraine de deux bonobos et surtout, les enfants ont appris les menaces qui pèsent sur ces grands singes.

L’éco-citoyenneté est aussi une tâche quotidienne. Tous les jours, deux élèves se désignent «responsables planète» et éteignent les lumières, vérifient que les copains n’utilisent pas trop d’eau aux toilettes et vérifient que les déchets sont bien triés. «Nous avons rédigé un curriculum sur l’éco-citoyenneté, car pour l’instant il n’y pas de programme officiel de l’Education nationale. Depuis la maternelle nous sensibilisons les enfants à l’environnement et nous impliquons de plus en plus les parents, explique Mauve Doyen. Ca fait partie du programme de savoir-être, de respect de soi et des autres, de l’écologie personnelle que nous développons». Une écologie qui a toutefois un prix: l’année scolaire à Living School coûte entre 6.500 et 7.000 euros.