Un peu moins de bruit pour les avions de Roissy

ENVIRONNEMENT Différentes mesures pour réduire les nuisances aériennes de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle viennent d'être prises…

Mickaël Bosredon

— 

Plus de 80 communes riveraines des aéroports de Roissy Charles-de-Gaulle et du Bourget, ou exposées aux nuisances des vols de nuit, tiendront samedi matin un conseil municipal géant face à la Tour Eiffel, ont annoncé les organisateurs.
Plus de 80 communes riveraines des aéroports de Roissy Charles-de-Gaulle et du Bourget, ou exposées aux nuisances des vols de nuit, tiendront samedi matin un conseil municipal géant face à la Tour Eiffel, ont annoncé les organisateurs. — Jacques Marie AFP/Archives

Un peu de répit pour les riverains de Roissy. Le Cirena (Collectif inter-associatif du refus des nuisances aériennes) affiche «en partie sa satisfaction» après l’annonce, mardi 25 janvier par Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Environnement, de différentes mesures de lutte contre les nuisances aériennes.

Première mesure, le «relèvement de 300 mètres des altitudes de vol à l’approche de la région parisienne». Ce relèvement est accompagné du «recul du point de virage des avions, qui se fera plus haut» indique le ministère. «Ce point est très important, insiste le président du Cirena Philippe Houbart, car cela va éviter de multiplier les nuisances sur l’agglomération des villes de Cergy-Pontoise à Conflans-Ste-Honorine, soit plus de 230.000 habitants». Ce dispositif devrait entrer en vigueur en novembre prochain.

Trajectoires de descente en «profil continu

Le ministère a également décidé une «extension des interdictions d’atterrissages et de décollages pendant la nuit.» Dès la fin de cette année, «les avions les plus bruyants seront interdits entre 22h et 6 h». Il sera également opéré un «rééquilibrage du trafic entre les pistes Nord et Sud, celles du Nord étant sous exploitées alors que les trajectoires correspondantes sont situées principalement dans des zones agricoles.» Un élément contesté par le Cirena.

Enfin, il est préconisé des trajectoires de descente des avions en «profil continu», dans un premier temps uniquement «pendant le cœur de la nuit de minuit à 5 h» et à partir de 1.800 mètres, et dans un deuxième temps à partir de 3.000 mètres. «C’est une excellente mesure car la population sera survolée beaucoup plus haut, et en plus dans ces conditions l’avion pollue moins» relève Philippe Houbart. Une nouvelle trajectoire de décollage la nuit, évitant les zones «très urbanisées de l’ouest de Roissy» entrera également en vigueur.

Les associations réclament un couvre-feu nocturne

Le Cirena regrette néanmoins que ce plan n’aille pas plus loin «concernant les horaires de vols.» «La plupart des restrictions le sont dans un créneau compris entre minuit et 5 h. Nous demandons depuis des années que ce créneau aille de 22h à 6h ou de 23h à 7h, soit 8 h d’affilée, comme le recommande l’OMS.» Ce que souhaitent au final les associations, c’est un couvre-feu la nuit, comme à Orly «et de nombreux aéroports dans le monde». Actuellement la région est survolée par 170 vols chaque nuit. Les riverains souhaitent également un plafonnement du nombre de vols sur Roissy, actuellement de 500.000 par an. Or, le dernier arrêté interministériel de 2007 fixant le Plan d’exposition au Bruit, a autorisé Roissy à aller jusqu’à 750.000 vols annuels.

Actuellement, un peu plus de 2 millions de Franciliens sont survolés quotidiennement par les avions de cet aéroport, à moins de 2.000 mètres d'altitudes.