Sept condamnés pour le blocage d'un train de déchets nucléaires à Caen

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Sept militants antinucléaires, qui avaient bloqué un train de déchets radioactifs à destination de l'Allemagne en novembre à Caen, ont été condamnés à des peines de prison avec sursis et des amendes mercredi par le tribunal de grande instance (TGI) de la capitale bas-normande.

Les militants du Groupe d'action non violente antinucléaire (Ganva), six Français et un Allemand, ont été condamnés à un mois de prison avec sursis et de 1.000 à 1.500 euros d'amende.

Ils devront en outre payer solidairement 20.500 euros de dommages et intérêts à la SNCF et, individuellement, 1 euro symbolique au groupe nucléaire Areva.

Les prévenus encouraient jusqu'à 3.750 euros d'amende et six mois de prison pour avoir bloqué quelques heures à Caen un train de déchets nucléaires parti le 5 novembre de Valognes (Manche). Le convoi n'était arrivé à destination en Allemagne que le 8 novembre, après des actions similaires sur le parcours.

Les prévenus avaient plaidé un acte de "désobéissance civile" destiné à faire évoluer le droit et à relancer en France le débat sur les dangers de l'énergie nucléaire.

Me Olivier Lehoux, leur avocat, a exprimé mercredi la "grande déception" de ses clients pour cette condamnation et n'a pas exclu de faire appel.

A l'audience correctionnelle à Caen, le 8 décembre, le parquet avait requis deux à trois mois de prison avec sursis et 2.000 à 3.000 euros d'amende contre ces militants, quatre hommes et trois femmes, âgés de 22 à 32 ans. Cinq d'entre eux s'étaient enchaînés aux voies.

"N'y a-t-il pas confusion entre désobéissance civile et un combat qui ne réussit pas par les voies traditionnelles de la démocratie?", s'était alors interrogé le président du tribunal, Thierry Roy.

A la barre comme témoin, Yannick Rousselet, chargé des questions nucléaires de Greenpeace, avait de son côté estimé que des actions illégales de son organisation avaient permis par exemple d'interdire en 1993 le rejet de déchets nucléaires en mer.

Trois des prévenus avaient comparu le bras ou la main bandé, en raison de blessures "graves", selon Me Lehoux, subies lors de leur désincarcération par les forces de l'ordre. Une plainte pour violence déposée à ce sujet par cinq des militants a été classée sans suite en novembre.

Mais, selon leur avocat, les militants ne comptent pas en rester là et ont saisi en décembre le tribunal administratif de Paris pour "contester la légalité" du transport nucléaire par la SNCF.

En novembre 2009, la cour d'appel de Caen avait confirmé la condamnation de quatre militants antinucléaires à une amende de 2.500 euros chacun, dont 2.000 avec sursis, pour avoir bloqué en 2008 un train de combustibles irradiés italiens. Le parquet avait requis quatre mois de prison avec sursis.