Le bio, l'avenir de la viticulture française?

CONSOMMATION Alors que le salon «Millésime bio» s'achève ce mercredi à Montpellier, les viticulteurs se tournent de plus en plus vers ce nouveau marché...

avec Reuters

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Des vins biologiques vendus dans une coopérative.
Des vins biologiques vendus dans une coopérative. — AFP PHOTO MYCHELE DANIAU

La France deviendra-t-elle le pays du vin bio? Pour conquérir de nouveaux marchés et séduire une nouvelle catégorie de consommateurs, les viticulteurs français s’orientent vers l’agriculture biologique. Témoin du succès de cette filière, le 18e salon mondial «Millésime bio», qui ferme ses portes ce mercredi à Montpellier, enregistre, cette année encore, une croissance de fréquentation supérieure à deux chiffres.

«Les clients recherchent autre chose quand ils achètent du vin»

Alors que la viticulture française se soumet à un programme d'arrachage massif des pieds de vigne de qualité médiocre pour éviter la surproduction, les surfaces bio ont augmenté de 20% en 2007, de 25% en 2008 et de 52% en 2009 en France. Emmanuel Cazes, vigneron dans le Languedoc et co-organisateur du salon Millésime bio, est confiant: «L'arrachage des vignes est une réalité malheureuse, mais la venue du bio est notre chance. Dans le vin, peut-être plus qu'ailleurs, les gens ont envie de raisonnable.»
Pour l'année 2008, la vente de vin bio a représenté un marché de 254 millions d'euros, en progression de 34% sur trois ans, tournée à 70% vers l'exportation tandis que le vin traditionnel français peine à se trouver de nouveaux marchés. «Au-delà de la démarche environnementale et de l'attitude bio, les clients, français ou étrangers, recherchent autre chose quand ils achètent du vin. Quitte à y mettre le prix», explique Christian Gerber, dont 95% des vignes sont exploitées en mode biologique sur son domaine Ribonnet depuis l'année 2001. Cet autre chose, c’est une authenticité que le vin traditionnel ne porte plus aux yeux des consommateurs.

Le plaisir de «produire vrai»

Dans l'Union européenne, trois pays rivalisent sur le marché du bio selon l'Association interprofessionnelle nationale des vins biologiques (AINVB): l'Italie produit 40,4% des vignes bio en Europe devant la France (34,8%) et l'Espagne (18,9%).
En 2009, 7% des vignes françaises étaient bio, soit 60.000 hectares, et 2.500 viticulteurs y étaient convertis selon la Fédération nationale interprofessionnelle des vins de l'agriculture biologique (Fnivab). «Produire du vin à base de raisins bio, cela signifie un surcoût d'exploitation d'environ 20% et une baisse de rendement d'environ 30% pour des prix de vente à peine supérieurs à 20%», souligne Christian Gerber. «Mais ces ratios peuvent diminuer avec le temps, tandis que le plaisir de produire "vrai", lui, va demeurer avec le temps.»