Avis de recherche pour une baleine à bosse dans le Nord-Pas-de-Calais

ANIMAUX Elle se balade au large de la Côte d'Opale, une zone qui ne lui est pas habituelle...

A.C.

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La baleine à bosse observée en janvier 2011 au large de la Côte d'Opale.
La baleine à bosse observée en janvier 2011 au large de la Côte d'Opale. — Oceamm

Si vous vous baladez sur les plages du Nord-Pas-de-Calais, entre Dunkerque et Boulogne, ouvrez l’œil. Une baleine à bosse a été observée près des côtes, alors que ses congénères descendent rarement plus au Sud que l’Irlande ou l’Ecosse. L’Oceamm (Observatoire pour la conservation et l’étude des animaux et milieux marins) a lancé un avis de recherche pour recueillir des photos et des observations sur l’animal.

Une photo de la nageoire caudale permettrait de l’identifier

Observée pour la première fois le 19 décembre par une infirmière de l’hôpital maritime de Zuydcoote, la baleine à bosse est seulement la troisième depuis dix ans à s’aventurer sur la Côte d’Opale. «En 2006, une baleine s’est échouée à Nieuwpoort, puis en 2008 nous avons observé un couple mère-petit qui a disparu, explique Blandine Melis, biologiste marin à l’Oceamm, à 20minutes.fr. On ne sait pas pourquoi elles arrivent jusqu’ici».

Déjà cinq observations de la baleine ont permis à l’Oceamm de confirmer qu’il s’agit d’une baleine à bosse, mais les images sont encore insuffisantes pour l’identifier: «Il nous faudrait une image de la nageoire caudale pour pouvoir la retrouver dans le catalogue international des baleines à bosse et connaître son histoire. D’autre part, on ne sait pas dans quel état elle est, si elle suivie par un petit ou blessée. La présence d’oiseaux autour d’elle prouverait qu’elle se nourrit, et toute marque nous permettrait de savoir si elle blessée ou pas», précise Blandine Melis.

La baleine nage dans des eaux dangereuses pour elle

L’Oceamm lance un avis de recherche auprès de la population et de son réseau citoyen d’observateurs afin de récolter plus de données et d’images de la baleine. Pour les observateurs potentiels, pas de risque de se tromper avec un marsouin, plus fréquent dans la région: «La baleine est assez proche des côtes, et comme elle fait quinze mètres de long on la voit bien. Contrairement aux marsouins, son souffle est aussi visible», explique Blandine Melis.

Mais pas question de trop se rapprocher de la baleine: «On ne motive pas les gens à s’approcher de trop près en bateau car il y a un risque de collision, d’autant plus si elle est fatiguée ou blessée. C’est un animal qui pèse quarante tonnes, ça reste dangereux».

La dernière observation de l’animal remonte à lundi, mais l’Oceamm préférerait presque ne pas revoir la baleine: «Nous espérons qu’elle va remonter vers l’Atlantique car ici le trafic de bateaux, l’extraction de granulats, la pêche et les pollutions chimiques et sonores auxquelles elle est très sensible, ne lui sont pas favorables». Mieux vaudrait donc que la baleine rejoigne des eaux plus tranquilles.