Le mauvais bilan carbone du Grand Paris

URBANISME La réhabilitation de lignes de transports en commun existantes serait moins polluante que la création de nouvelles lignes...

© 2011 AFP

— 

Un quai de la gare Saint-Lazare, où partent et arrivent les Transiliens.
Un quai de la gare Saint-Lazare, où partent et arrivent les Transiliens. — VALINCO/SIPA

La réhabilitation de lignes de transports en commun existantes en Ile de France aura une probabilité de présenter un bilan carbone et financier favorable d'ici 2050 contrairement aux scénarios qui prévoient la constructions de nouveaux tracés, selon les conclusions du Cabinet conseil Carbone 4 commandité par la SNCF et présenté lundi soir. «Les projets trains-trams, de rénovation du RER et des solutions alternatives sont des choix de bons pères de famille, alors que la construction d'un métro autonome du Grand Paris tant dans un contexte de récession que de croissance économique apparaît comme risqué», a dit Hélène Le Téno, consultante de Carbone 4 lors de sa présentation à Sciences Po à Paris.

La seule construction d'un tunnel pour une nouvelle ligne produit 40.000 tonnes de CO2 du kilomètre, sans compter les émissions dues au tunnelier, la production du béton et des aciers pour les parois et enfin le déblayage des gravats, a-t-elle précisé. Plus généralement, l'étude a mis en avant la nécessité d'agir car la mobilité de demain «sera sous forte contrainte énergétique» avec la diminution des ressources pétrolières.

Plutôt une «super prime à la casse»

Deux dossiers sont en concurrence pour le projet de Grand Paris: celui de l'Etat (une double boucle de métro automatique de 155 km autour de Paris) et celui de la région et du syndicat des transports d'IdF, le Stif (une rocade de métro en proche banlieue baptisée Arc Express). Pour Jean-Marc Jancovici, fondateur de l'association The Shift Project, il faudrait utiliser les milliards d'euros prévus pour le projet pour «financer en gros une super prime à la casse par laquelle on dit à chaque ménage francilien on vous paye une voiture neuve si elle consomme pas plus d'un litre et demi au cent km à la place de la vieille». Il a ajouté qu'on a ainsi «du CO2 evité à moins cher et qu'on règle le problème de tout le monde et pas seulement des 3% de gens qui vont devoir basculer de la voiture sur le train.»