Montpellier: Haro sur la prospection du gaz de schiste

ENVIRONNEMENT L'extraction de cette ressource est une source importante de pollutions...

Caroline Rossignol

— 

10 000 km2 de sondage, notamment dans l'Hérault comme ici, près du cirque de Navacelles.
10 000 km2 de sondage, notamment dans l'Hérault comme ici, près du cirque de Navacelles. — D. NOTON / THE TRAVEL/ REX / SIPA

La pression n'en finit pas de monter autour de l'exploitation programmée du gaz de schiste en Languedoc-Roussillon. De là à faire exploser ce projet de substitut au pétrole? C'est ce que veulent croire la région et le département. Vendredi, ils sont entrés dans la bataille pour préserver leurs joyaux. En ligne de mire: les dangers du procédé, sur lesquels Cap 21 avait alerté l'opinion dès le mois de novembre. Le gaz de schiste est du méthane stocké à 2.500 mètres, dans les sous-sols argileux. L'hydroforestation permet de les pulvériser sous la pression d'une quantité astronomique d'eau (entre 4.000 et 250.000 m3, chaque puits pouvant être exploité 18 fois) et de produits chimiques. Et c'est bien ce qui inquiète élus et citoyens, depuis que l'Etat a autorisé, le 30 mai dernier, deux compagnies pétrolières à prospecter dans nos sous-sols.

Machine de guerre

Économiquement, une nouvelle ruée vers l'or pour les fins limiers de l'énergie, comme Total. Écologiquement, «un désastre», selon le secrétaire régional d'Europe écologie-les Verts Emmanuel Raynaud. Il n'y a qu'à voir du côté des Etats-Unis et du Canada. Dix ans qu'ils exploitent le filon, et les riverains en sont revenus: moratoire anti-hydroforestation en Pennsylvanie, collectif «eau secours!» au Québec. «Là-bas, on a trouvé dans les eaux de ruissellement du Benzène, du Toluène, de l'acide chlorhydrique», prévient le docteur Francis Glémet, de la coordination nationale santé environnement. Des toxiques susceptibles de perturber le système endocrinien des riverains. «Préoccupé» par le dossier, le ministre de l'environnement Pierre Arcand a lui-même changé de ton ce week-end. De son côté, la préfecture de région assure qu'aucune déclaration de travaux n'a encore été déposée. Mais le maire du Vigan prépare déjà la rébellion, avec une manifestation le mois prochain. Si ces sondages avaient valeur de test pour permettre aux sociétés de définir les zones où on les laisserait mettre les pieds, les voilà prévenues.