Une centrale nucléaire sous-marine à l'étude

NUCLEAIRE DCNS, le constructeur naval militaire, développe un projet de réacteur nucléaire sous-marin…

avec Reuters

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Patrick Boissier, PDG de la DCNS (Direction des constructions navales du ministère de la Défense), le 30 novembre 2010 à Toulon.
Patrick Boissier, PDG de la DCNS (Direction des constructions navales du ministère de la Défense), le 30 novembre 2010 à Toulon. — AFP PHOTO/GERARD JULIEN

Le constructeur naval militaire DCNS développe un projet de centrale nucléaire sous-marine destinée à alimenter en électricité les villes côtières et les îles, rapportent les quotidiens Le Figaro et Les Echos.
Le groupe, contrôlé à 75% par l'Etat, doit annoncer ce jeudi le lancement d'études de validation de ce projet, baptisé «Flexblue», en partenariat avec EDF,  Areva et le Commissariat à l'énergie atomique, précisent les deux journaux.

Premier prototype en 2013

DCNS, qui conçoit notamment les sous-marins nucléaires de la marine française, espère construire un premier prototype d'ici 2013 pour une mise en service attendue à l'horizon 2016-2017. Issu de deux ans de travaux, ce projet de réacteur sous-marin aura une puissance de 50 à 250 mégawatts et sera en capacité d'alimenter en électricité entre 100.000 et un million de personnes.

La centrale, qui devrait être immergée à cent mètres de profondeur et reliée à la terre ferme par un câble électrique, représente en valeur absolue un coût de plusieurs centaines de millions d'euros, contre environ cinq milliards d'euros pour le réacteur nucléaire de type EPR d'Areva, rapporte le quotidien Les Echos.

200 unités dans les vingt prochaines années

Selon DCNS, le marché potentiel pour ce type de réacteurs sous-marins nucléaires de petite puissance pourrait atteindre 200 unités dans les vingt prochaines années. Interrogé dans Le Figaro sur le risque d'accident nucléaire, le PDG de DCNS Patrick Boissier fait valoir qu'il «suffit de noyer le réacteur», l'eau constituant une barrière naturelle aux radiations.

Dans Les Echos, il précise par ailleurs que le chantier naval devrait afficher un chiffre d'affaires d'environ 2,5 milliards d'euros au titre de 2010, contre 2,4 milliards d'euros lors de l'exercice précédent.  Les prises de commandes se sont établies à 6,7 milliards d'euros, soit une augmentation de 2,5 milliards d'euros par rapport à 2009, indique Patrick Boissier, selon lequel la marge opérationnelle du groupe, dans lequel Thales détient à ce jour une participation de 25%, devrait être conforme aux objectifs.