Inondations: «La Niña a un impact direct sur les précipitations»

INTERVIEW Selon le climatologue Hervé Le Treut, c'est le phénomène la Niña qui est la cause des inondations dans l'hémisphère Sud…

Propos recueillis par A.C.

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Une vague de deux mètres a inondé les rues de Toowoomba, le 10 janvier, en Australie.
Une vague de deux mètres a inondé les rues de Toowoomba, le 10 janvier, en Australie. — REUTERS/Daniel Breeze

Australie, Brésil, Philippines, Sri Lanka, Afrique du Sud… La liste des pays sous les eaux s’allonge et les causes de ces pluies sans précédent restent complexes pour les scientifiques. Le climatologue Hervé Le Treut donne quelques pistes à 20minutes.fr et explique l’impact de la Niña, ce phénomène climatique cyclique pendant lequel les eaux chaudes de l’océan remontent à la surface dans le Pacifique.

Quelles sont les causes des inondations actuelles dans l’hémisphère Sud?

Il y a un ensemble de causes. Principalement, la présence de la Niña a un impact direct sur les précipitations dans les régions tropicales. A court-terme, c’est ce phénomène et une part de hasard qui expliquent les pluies. En effet, chaque épisode de la Niña apporte des conséquences différentes et les fluctuations naturelles du climat doivent être prises en compte.

Le réchauffement climatique aggrave-t-il ce phénomène?

On ne sait pas encore bien si le réchauffement a un impact sur l’ampleur de la Niña. Nous sommes certains qu’à l’échelle de plusieurs décennies, le système va se modifier, mais on ne sait pas comment. Les températures de l’océan vont bien sûr être affectées mais il y a beaucoup d’autres paramètres à prendre en compte dans les épisodes de la Niña, notamment la circulation de l’atmosphère. Les conséquences du réchauffement sur la Niña sont très difficiles à anticiper à long-terme.

Peut-on s’attendre à ce que ces événements exceptionnels deviennent plus courants à l’avenir?

Une fois qu’un épisode fort de la Niña est passé, il est peu probable que cela se reproduise rapidement. Il y a éventuellement un risque, mais nous n’avons pas d’observations statistiques qui permettent de le prévoir.