Dioxine: la Chine boude le porc et les oeufs allemands

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Le scandale de la contamination à la dioxine d'aliments en Allemagne a pris de l'ampleur mercredi, la Chine suspendant les importations d'oeufs et de porcs allemands, alors que certains produits contaminés pourraient encore être en vente.

"J'exige que tout produit contaminé issu des exploitations fermées soit retiré immédiatement et complètement du marché", a déclaré la ministre allemande de l'Agriculture, Ilse Aigner.

Le ministère de l'Agriculture de Basse-Saxe (nord), Etat le plus touché par le scandale et où a été détecté le premier porc dépassant la limite autorisée de dioxine, a reconnu ne pas pouvoir exclure que de la viande contaminée ait atteint les étals.

Quelque 180 porcs nourris avec des suppléments frelatés ont été vendus par l'exploitation à un abattoir de l'Etat régional voisin de Saxe-Anhalt, avant que sa fermeture préventive, a indiqué le ministère.

Les autorités de Saxe-Anhalt essayent maintenant de localiser la viande des bêtes abattues et si tout ou partie a déjà été commercialisé.

Les 140 porcs encore présents dans l'exploitation de Basse Saxe et contaminés par la dioxine ont été abattus.

"C'est un scandale qui grossit et empire chaque jour", a déclaré le ministre de l'Agriculture de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie (nord-ouest), Johannes Remmel.

L'Administration chinoise chargée de la quarantaine et de la qualité des produits alimentaires a annoncé mercredi une suspension des importations de porcs et d'oeufs allemands. Les produits en voie d'acheminement subiront des tests à leur arrivée en Chine pour voir s'ils sont contaminés à la dioxine, a-t-elle ajouté.

Berlin n'a pas réagi officiellement à cette décision.

Les exportations de porc allemand vers la Chine sont modestes: elles s'élevaient à 7.000 tonnes en 2009, sur 2,2 milliards de tonnes exportées dans le monde entier, selon le ministère allemand de l'Agriculture.

Le plus grand client de l'Allemagne pour la viande de porc est l'Union européenne (3,9 milliards d'euros en 2009), avec en tête l'Italie.

La Corée du Sud avait suspendu dès samedi ses importations de viande de porc allemand. La Russie a également renforcé les contrôles sur la viande importée d'Allemagne.

En revanche, la Slovaquie, qui avait suspendu la vente d'oeufs et de volailles allemands, a levé cette restriction.

"Les tests réalisés par les autorités sanitaires ont montré que les échantillons testés n'étaient pas contaminés", a déclaré le ministre slovaque de l'Agriculture Zsolt Simon.

D'autre part, la société allemande Harles und Jentzsch, soupçonnée d'être à l'origine de la contamination, a déposé son bilan. Le tribunal de Schleswig-Holstein (nord) où le dossier a été déposé va vérifier si la cessation de paiement ou le surendettement sont bien réels.

Harles und Jentzsch aurait utilisé un lot de graisses à usage industriel contenant de la dioxine pour fabriquer 3.000 tonnes de graisses destinées à l'alimentation animale livrées à 25 clients dans toute l'Allemagne.

Mercredi soir, 412 élevages étaient encore fermés par mesure de précaution, pendant que des tests étaient effectués, selon Mme Aigner. Au plus fort de la crise, vendredi dernier, ils étaient 4.700 sur les 375.000 que compte le pays.

La semaine dernière, 100.000 oeufs avaient été détruits par les autorités après la découverte de traces de dioxine.

La dioxine est un résidu de combustion industrielle ou naturelle qui peut être cancérigène à haute dose. Berlin maintient qu'il n'y a aucun risque pour la santé des consommateurs.

Aucun chiffre n'était dans l'immédiat disponible pour les exportations d'oeufs. L'Allemagne en produit deux milliards par an.