Marée noire: la catastrophe du golfe du Mexique pourrait se reproduire

MAREE NOIRE Selon les conclusions d'un panel d'experts...

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Le groupe pétrolier britannique BP a annoncé mardi avoir réalisé un bénéfice net de 1,785 milliard de dollars au 3e trimestre, six mois après l'explosion de sa plateforme dans le golfe du Mexique qui l'a obligé à mettre de côté près de 40 milliards de dollars au total.
Le groupe pétrolier britannique BP a annoncé mardi avoir réalisé un bénéfice net de 1,785 milliard de dollars au 3e trimestre, six mois après l'explosion de sa plateforme dans le golfe du Mexique qui l'a obligé à mettre de côté près de 40 milliards de dollars au total. — Mark Ralston AFP/Archives

La marée noire du golfe du Mexique est due à des erreurs de gestion «systémiques» et pourrait se reproduire si des réformes ne sont pas entreprises, selon les conclusions d'un panel d'experts nommé par la présidence américaine et publiées jeudi.

Ces conclusions figurent dans un extrait du rapport de la Commission nationale chargée d'enquêter sur l'explosion, le 20 avril 2010, de la plateforme Deepwater Horizon, exploitée par BP, et du puits Macondo qui se trouvait par 1.500 mètres de fond. La catastrophe a causé la mort de 11 personnes et déversé en trois mois plus de quatre millions de barils de pétrole dans le golfe du Mexique.

L’explosion due à «des erreurs et omissions individuelles»

L'explosion est due à «plusieurs erreurs et omissions individuelles de la part de BP, Halliburton et Transocean, et les régulateurs du gouvernement n'avaient pas l'autorité, les ressources et l'expertise technique nécessaires pour les empêcher», selon cet extrait du rapport. Le groupe de forage Transocean était propriétaire de la plateforme. Le géant des services pétroliers Halliburton a reconnu en octobre qu'il n'avait pas effectué un test crucial sur le ciment du puits avant son explosion, mais a rejeté la faute sur BP, l'accusant de ne pas avoir effectué les vérifications nécessaires.

Les causes fondamentales de l'explosion sont «systémiques et, en l'absence de réforme d'envergure à la fois dans les pratiques du secteur et dans la politique du gouvernement, pourraient bien se reproduire», selon le rapport, qui doit être publié dans son intégralité le 11 janvier. «Qu'elles aient été intentionnelles ou non, beaucoup des décisions prises par BP, Halliburton et Transocean qui ont accru le risque d'explosion (...) ont clairement permis à ces entreprises de gagner beaucoup de temps (et d'argent)», souligne encore le texte.

BP dit améliorer son système de sécurité

BP a réagi à la publication partielle de ce rapport en soulignant que de premiers éléments d'enquête avaient conclu que «l'accident avait eu des causes multiples et impliquait de multiples entreprises». Le groupe souligne qu'il travaille en collaboration avec les instances de régulation et les autres acteurs du secteur pour «faire en sorte que les leçons (de la marée noire) conduisent à des améliorations dans les opérations et les services de sous-traitance en matière de forage en eaux profondes».

BP cite également la mise en place d'une nouvelle division au sein de l'entreprise, consacrée à la sécurité et à la gestion des risques, qui rend compte directement au PDG, Bob Dudley, et qui assure «une surveillance indépendante» des opérations liées à la sécurité.