Des dizaines de milliers d'oiseaux en péril dans le nord de la France, selon la LPO

© 2010 AFP

— 

Le froid qui frappe le nord de l'Europe a poussé vers la France des dizaines de milliers d'oies et de canards, qui y sont la cible d'un «véritable massacre» en raison de la chasse, affirme vendredi la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO). «C'est un véritable massacre qui se déroule dans le nord de la France», a déclaré à l'AFP le président de la LPO, Allain Bougrain Dubourg, qui appelle à «suspendre immédiatement la chasse».

Selon la LPO, depuis la fin du mois de novembre, des dizaines de milliers d'oies, canards et limicoles qui hivernent habituellement aux Pays-Bas et en Belgique, ont finalement poursuivi leur migration et trouvé refuge en France. Or, «les oiseaux, déjà affaiblis par la difficulté à trouver les ressources alimentaires, sont chassés et dérangés nuit et jour», dit la LPO dans un communiqué. L'ONG dénombre près de 5.000 oies rieuses, 5.000 bernaches nonettes, des dizaines de milliers de canards siffleurs, sur le littoral de la Manche.

«Protocole froid»

«Malheureusement, les chasseurs sont à l'affût et les observations sur le terrain montrent qu'un véritable carnage est en cours», dit la LPO. «La présence de près de 5.000 canards siffleurs condamnés à rester posés en mer face à Sangatte, car empêchés par les chasseurs de s'alimenter dans les polders, en témoigne», poursuit-elle. Allain Bougrain Dubourg insiste également sur le fait qu'il existe «un protocole froid» qui suppose la fermeture de la chasse «quand les conditions météorologiques ne sont pas acceptables parce que les oiseaux ne trouvent pas leur nourriture».

«On n'applique pas ce protocole parce qu'il y a une pression des chasseurs qui continuent de vouloir tirer. C'est tout à fait insupportable», a ajouté le président de LPO qui a précisé s'être entretenu jeudi sur le sujet avec la ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet. Interrogé par l'AFP, le ministère a répondu qu'il avait «rappelé aux préfets les règles en matière de chasse en cas de grand froid». «Les préfets ont toute liberté d'interdire la chasse de telle ou telle espèce si besoin est», a-t-il dit.