Dépenser moins pour éclairer plus: Toulouse prépare la ville du futur

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A Toulouse, les pères Noël sont lumineux mais ne consomment pas d'énergie. Avec une facture d'électricité en baisse chaque année, des systèmes d'éclairage innovants et plus efficaces, la municipalité prépare la ville écologique du futur.

Toulouse, 440.000 habitants, possède plus de 2.000 km de voirie éclairés par quelque 60.000 lampadaires, illumine chaque nuit une centaine de monuments et sites, déploie pour Noël environ 40 km de guirlandes avec 700 motifs. Soit une consommation d'électricité moyenne de 3,5 millions de kWh par mois.

Dès son arrivée aux affaires voici deux ans, la nouvelle majorité PS a entrepris de faire des économies d'énergie. "On perd un million de kWh de consommation par an", se réjouit Alexandre Marciel, adjoint au maire chargé de l'éclairage public: "42 millions aujourd'hui contre 45 il y a deux ans".

L'enjeu pour une municipalité est double, souligne l'élu: "L'éclairage public joue sur le sentiment de sécurité, de confort, le plaisir, la visibilité, et il faut donc gagner en luminosité". En même temps, il faut réduire la note.

La municipalité a d'abord changé dans les zones très fréquentées ses ampoules de lampadaires, pour adopter des lampes sodium à haute pression permettant une réduction de consommation de 20 à 40%. Les illuminations de Noël, elles, sont désormais équipées de diodes électroluminescentes (Led).

Dans les zones peu passantes, des réducteurs de puissance ont été installés (30 à 40% d'économie). Sur certains réverbères ont été placés des déflecteurs, "pour qu'ils éclairent le sol et non pas le ciel".

Et les monuments et sites ne sont plus éclairés la nuit en janvier, février et mars, à l'exception de trois lieux emblématiques, dont la place du Capitole.

Mais la véritable originalité concerne les voies à moyenne fréquentation. "Il s'agit de mettre en place une lumière taillée sur mesure, qui éclaire plus, mais sur une surface plus limitée pour consommer moins", explique M. Marciel.

Ainsi, sur la voie de circulation, il suffit souvent de matérialiser obstacles, ronds-points ou îlots centraux par des plots solaires, dont environ 200 sont déjà installés.

Les trottoirs, eux, s'ornent d'une centaine de lampadaires à détection de mouvement, qui s'illuminent davantage à l'approche d'un piéton: "Plus de luminosité et 70% d'économie", note l'adjoint au maire.

Et Toulouse veut mettre en place dans les prochains mois le "trottoir du futur" à l'éclairage totalement autosuffisant.

Il comporterait des dalles, déjà expérimentées, qui produisent assez de courant pour alimenter un lampadaire lorsque les piétons marchent dessus. Il comprendrait aussi des bordures solaires lumineuses mises au point par le Centre national d'études spatiales.

La ville du futur, note M. Marciel, aura également besoin d'idées très simples. Il a fait placer du scotch réfléchissant sur les lampadaires d'une avenue - 1.000 euros de dépense pour 3.000 euros annuels d'économie - et des Pères Noël transparents coiffent des réverbères, fournissant des motifs de fête lumineux sans dépense d'énergie.