Le sex toy durable, un plaisir écologique

CONSOMMATION Comment satisfaire les désirs des écolos…

A.C.

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Un sex toy à batterie solaire.
Un sex toy à batterie solaire. — Passage du désir

Quand on est écolo, impossible de se faire du bien en faisant du mal à la planète. Hors de question donc d’utiliser des sex toys en plastique, bourrés de phtalates, non recyclables et dotés de piles électriques remplies de métaux polluants…  Mais aujourd’hui, avec le sex toy solaire ou le lubrifiant sans paraben, les écolos peuvent prendre leur pied sans complexes et sans risques.

Raz de marée pour les sex toys rechargeables

Dans les boutiques Passage du désir, on se consacre au «développement durable du couple». Mais pas seulement: Fleur Breto, directrice artistique et chargée de communication, explique que sa clientèle, de tous âges et toutes situations matrimoniales, est sensible aux arguments écolos. «Sur les sex toys rechargeables, nous avons eu un raz de marée des ventes. Beaucoup de clients sont très intéressés par ce concept et les autres découvrent des choses, comme la présence de parabens dans tous les cosmétiques», explique Fleur Breto.

Dans sa boutique parisienne, cette « psychopathe de l’écologie», membre de Greenpeace depuis dix ans, fait de son mieux pour que ses produits ne fassent de mal ni à l’environnement ni à leurs utilisateurs. «S’il y a bien un domaine dans lequel le bio devrait être, c’est l’amour : on touche à l’intimité, aux muqueuses,… Ici, on ne vend pas de cochonneries», explique-t-elle.

Bonus malus écologique

Dans les rayons, on trouve des sex toys fabriqués sans phtalates, sans risque de générer des mycoses, et rechargeables grâce à une batterie solaire: «Un sex toy rechargeable est beaucoup plus silencieux qu’un sex toy à piles, dont le bruit n’est pas du tout sexy, argumente Fleur Breto. Les vibrations sont aussi plus intenses. C’est un produit qui durera plus longtemps, ce n’est pas un gadget de mauvaise qualité: ils sont rechargeables mais aussi sans phtalates et hypoallergéniques.  Même s’ils étaient un peu plus chers au début, ils sont maintenant très accessibles, d’autant plus qu’il n’y a pas besoin de racheter des piles». La gamme de sex toys rechargeables Lelo, par exemple, va de 54 à 159 euros.

Sans compter le bonus malus écologique: pour un sex toy rechargeable acheté, un bon d’achat de dix euros est offert, mais pour un sex toy à piles, c’est une éco participation de un euro qui est demandée au client, reversée à une association de reboisement. La boutique a mené l’opération au printemps dernier et compte la reprendre dès janvier:  «Nous voulions encourager nos clients à acheter du rechargeable et ça a cartonné. Au début, ça faisait rire les gens, mais très vite ils ont trouvé que c’était une démarche évidente et se sont intéressés au recyclage des piles ou ont donné plus qu’un euro pour le malus. On reprendra cette opération pour la Saint Valentin», se félicite Fleur Breto, qui fait déjà une sélection sévère des produits distribués dans la boutique. Elle n’hésite ainsi pas à exclure des best-sellers de ses rayons: «Le célèbre Rabbit était bourré de phtalates, tant pis, on s’est assis dessus».

Des vides réglementaires sur le marché des sex toys

Pour les produits cosmétiques, lubrifiants, huiles de massage ou gels d’excitation, les clients peuvent acheter en toute confiance les produits bio sélectionnés par Fleur, même s’ils n’ont pas de label. «Personne ne veut donner de label pour les produits intimes. C’est considéré comme médical et les certificateurs se braquent dès qu’on leur parle de sexe», déplore-t-elle.

Seule ombre au tableau, le recyclage des sex toys est encore loin d’être au point: «Pour le faire, il aurait fallu que nous installions une benne médicalisée et qu’on porte des masques et des gants, explique Fleur Breto. Et en plus, personne ne pouvait nous garantir que ce serait bien recyclé en bout de chaine».

Chez Passage du désir, on déplore ces vides réglementaires sur le marché des sex toys et produits intimes: «On peut faire tout et n’importe quoi en matière de cosmétiques et sex toys. Il n’existe ni labels, ni lignes directrices, ni interdits. Par exemple, la loi n’interdit pas les phtalates dans les sex toys. Une morale persistante considère que si les gens attrapent des maladies en utilisant des sex toys, c’est bien fait pour eux», regrette Fleur Breto, déterminée à faire avancer les mentalités pour que plaisir, santé et écologie aillent de pair.