Cancun: Dernier jour pour trouver un accord sur le climat

PLANETE La conférence doit s'achever ce vendredi mais pourrait être prolongée d'une journée...

B.D. avec Reuters

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Les délégués lors d'une réunion au sommet de Cancun, au Mexique, le 1er décembre 2010.
Les délégués lors d'une réunion au sommet de Cancun, au Mexique, le 1er décembre 2010. — CHINE NOUVELLE/SIPA

La conférence de Cancun sur le climat est entrée vendredi dans sa dernière journée, la présidence mexicaine s'efforçant de sortir de l'impasse entre pays riches et pauvres sur de futures réductions des émissions de gaz à effet de serre.

«Ça commence à prendre tournure et je suis prudemment optimiste. Nous sommes dans une bien meilleure situation qu'au même stade l'an dernier à Copenhague», a affirmé Chris Huhne, ministre britannique à l'Energie et au Changement climatique. Un nouvel échec, a-t-il toutefois prévenu, réduirait le processus multilatéral organisé dans le cadre des Nations unies au statut de «zombie». Au sortir d'une nouvelle nuit de discussions, des délégués présents à Cancun faisaient état vendredi matin (heure locale) d'avancées, mais pas vraiment de percées.

Tout dépend de la présidence mexicaine

La Danoise Connie Hedegaard, commissaire européenne au Climat, est prudente: «Il reste des domaines importants où nous n'avons pas suffisamment progressé. Si nous ne les réglons pas ici, à Cancun, il sera très difficile de voir comment nous pourrons progresser (vers un accord véritable).» Théoriquement, la 16e Conférence des parties qui a débuté le 29 novembre doit s'achever ce vendredi. Mais elle pourrait être prolongée d'une journée. «Cela dépend de la présidence mexicaine», explique John Ashe, un des représentants des Nations unies.

Comme tous les dossiers en discussions sont plus ou moins imbriqués, les négociateurs vont devoir sortir de l'impasse sur l'avenir du Protocole de Kyoto s'ils veulent progresser sur les autres sujets majeurs. Or, Kyoto pose problème. Premier instrument international de lutte contre le réchauffement climatique, le protocole, entré en vigueur en 1997, ne fixe d'objectifs contraignants qu'aux seules nations industrialisées - à l'exception des Etats-Unis - qui l'ont signé mais pas ratifié. Sa première phase d'engagements expire en 2012.

«Le temps nous est compté»

Mais le Japon, la Russie et le Canada ont prévenu qu'ils ne prolongeraient pas le protocole et réclament un nouveau traité incluant les autres pays émetteurs de gaz à effet de serre, à commencer par les Etats-Unis, la Chine et l'Inde. Les pays émergents et en développement soutiennent eux que les pays riches, parce qu'ils sont historiquement responsables de l'accumulation de gaz à effet de serre depuis la Révolution industrielle, doivent faire l'effort avant qu'eux-mêmes ne s'engagent dans une politique de réduction des émissions qui mettrait à mal leur développement.

Dans cette dernière ligne de droite, plus de 100 ministres de l'Environnement sont présents à Cancun. «Le temps nous est compté, les dossiers sont complexes, les discussions se poursuivent quasiment sans interruption depuis de nombreuses heures», a déclaré Rodrigo Brand, porte-parole de la présidence mexicaine évoquant les efforts déployés par Patricia Espinosa, la ministre des Affaires étrangères qui dirige la délégation du pays-hôte.

Une mission «spéciale Kyoto» a été confiée aux Britanniques et aux Brésiliens. David Cameron, le chef du gouvernement britannique, s'est entretenu par téléphone de la question avec son homologue japonais, Naoto Kan. «Les Japonais se sont montrés plus souples dans les sessions de négociation», a dit Chris Huhne.