Visualisez la déforestation avec Google Earth Engine

CLIMAT Google se lance dans la modélisation des changements climatiques…

A.C.

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Une vue de Google Earth Engine.
Une vue de Google Earth Engine. — earthengine.googlelabs.com

La branche «philanthropique» de Google, google.org, se met au service de la lutte contre le changement climatique. Lancée le 2 décembre à Cancun, où se tient le sommet des Nations unies sur le changement climatique,  l’application Google Earth Engine permet de visualiser la déforestation grâce à une collection d’images satellites et de données qui pourraient servir aux scientifiques pour suivre en temps réel la perte de couvert forestier ou la désertification.

Pour marquer le lancement de Google Earth Engine, une carte complète du Mexique présentant ses forêts et ses ressources en eau a été réalisée avec l’aide de la Commission nationale des forêts mexicaine. Rien que pour ce pays, plus de 1.000 ordinateurs ont tourné pendant 15.000 heures pour compiler et assembler près de 53.000 photos satellites.

Rapprocher les témoins de la déforestation et les scientifiques

La différence entre Google Earth et cette nouvelle fonctionnalité réside dans l’actualisation en permanence des données et les combinaisons possibles entre diverses informations. On peut par exemple visualiser la déforestation sur vingt ans en Amazonie en même temps que l’évolution des ressources en eau. Une vision dynamique que Google espère enrichir grâce à la participation de tous: citoyens, gouvernements, associations, médias… Rebecca Moore, chef de projet chez Google, explique au quotidien mexicain El Universal que ce nouvel outil pourrait «colmater la brèche» entre les personnes présentes sur le terrain, qui sont témoins du déboisement au jour le jour, et les scientifiques qui ont souvent une vision a posteriori des événements.

Google espère ainsi que ce nouvel outil permettra aux scientifiques de construire des systèmes de MRV (Monitor, report and verify: surveillance, rapport et vérification).  L’entreprise souhaite surtout soutenir les pays tropicaux, premières victimes de la déforestation, qui n’ont souvent pas les moyens de mener des recherches scientifiques approfondies. Google s’est engagé à mettre à leur disposition 10 millions d’heures de CPU (heures de calcul sur ses machines) pendant les deux prochaines années.