Une enquête ouverte dans l'affaire des algues vertes

ENVIRONNEMENT Le TGI de Paris va donner suite aux plaintes déposées en Bretagne...

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Ramassage des algues vertes dans la baie de la Fresnaye (Côtes-d'Armor), en 2003.
Ramassage des algues vertes dans la baie de la Fresnaye (Côtes-d'Armor), en 2003. — MAISONNEUVE / SIPA

Le pôle santé publique du tribunal de grande instance de Paris vient d’ouvrir une information judiciaire pour «violences involontaires par manquement délibéré à une obligation de sécurité, abstention de combattre un sinistre et mise en danger de la vie d'autrui», selon le site du quotidien Ouest-France. 1.200 plaintes contre X avaient été déposées dans les Côtes d'Armor et 350 dans le Finistère, pour mise en danger de la vie d'autrui par la présence massive d'algues vertes sur les plages.

L'amoncellement d'algues vertes sur les plages est à l'origine de la mort d'un cheval, et probablement de celle d'un homme transportant des algues, en juillet 2009.

L’élevage intensif en cause

L’Ifremer établit chaque année une cartographie des zones touchées par les marées vertes. Les baies de Saint-Brieuc, Saint-Michel-en-Grève, Lannion, Douarnenez et Concarneau sont les plus susceptibles d’être envahies par l’algue verte du fait de la structure des fonds marins qui empêche les algues d’être envoyées vers le large.

Les algues vertes se plaisent sur ces plages où elles sont à l’abri de leurs prédateurs naturels, les escargots de mer, et où elles se développent rapidement grâce à l’azote qui arrive dans les eaux des rivières: «Les algues vertes sont des algues fixées sur les rochers ou sur d’autres algues. Elles se fragmentent facilement et se clonent naturellement très rapidement, explique Alain Menesguen. Ce qui a changé, c’est l’azote: il arrive sous forme de nitrates dans l’eau des rivières bretonnes, qui ont décuplé depuis 50 ans leurs apports en nitrates à la mer à cause de l’agriculture intensive».

Pour lutter durablement contre les algues vertes, pas d’autre solution que de diminuer drastiquement le taux d’azote dans les eaux et de changer les pratiques agricoles selon Jean Hascoët: «Il est maintenant admis par l’INRA (Institut national de recherche agronomique) que c’est l’excès d’azote d’origine agricole qui crée ce phénomène. C’est l’élevage intensif, porcin, bovin ou autre, qui en est la cause».

Afin d’informer les citoyens et d’entamer le dialogue avec les élus et les agriculteurs, l’association Baie de Douarnenez Environnement a été créée en juin. Une manière de rassembler les Bretons émus par la dégradation de leurs plages: «La plage du Ris aujourd’hui, c’est un vrai crève-cœur, confie Jean Hascoët. La baie de Douarnenez souffre beaucoup».