ONG et écologistes mobilisés pour le climat au sommet de Cancun

Audrey Chauvet

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Des manifestants pour le climat pendant le sommet de Copenhague en décembre 2009.
Des manifestants pour le climat pendant le sommet de Copenhague en décembre 2009. — BISSON BERNARD/JDD/SIPA

Un sommet pour rien? Les ONG et les écologistes feront leur possible pour que Cancun ne se solde pas, comme Copenhague fin 2009, par un échec cuisant.  Alors que la 16ème conférence des Nations unies sur le changement climatique s’ouvrira lundi au Mexique, les militants associatifs et politiques restent mobilisés pour refuser la «fatalité de l’échec» dans les négociations sur le climat. Si les foules ne seront pas présentes pour manifester massivement, comme ce fut le cas l’an dernier, des contre-sommets s’organisent, notamment à Cancon, dans le Lot-et-Garonne.

A Cancon pour «changer le système»

«Ce n’est pas le climat qui doit changer, c’est le système!»: le mouvement paysan international Via Campesina a lancé un appel pour que «Mille Cancun» soient organisés dans le monde. En France, c’est le village de Cancon, dans le Lot-et-Garonne, qui accueillera le 4 décembre un «rassemblement citoyen massif» pour mettre en valeur les actions menées au niveau local pour lutter contre le changement climatique.

Cécile Duflot, secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts qui sera samedi à Cancon, a souligné lors d’une conférence de presse sur le sommet de Cancun que «la prise de conscience des citoyens va plus vite que celle des politiques»: «Avec plus d’écolos en responsabilité dans les institutions, les choses se passeraient différemment», a affirmé Cécile Duflot, citant les initiatives de la région Ile-de-France pour organiser des Etats généraux de la conversion écologique et sociale ou un colloque sur la dette écologique.

Tenir les promesses de financement

Pour Romain Benicchio, qui sera à Cancon pour l’ONG Oxfam France, ce sont les questions de financement qui devront avancer: «Des progrès au Mexique dépend le sort des populations les plus vulnérables, celles qui subissent déjà l’impact du changement climatique». Selon un rapport publié récemment par Oxfam et le Réseau action climat France, les promesses d’aides financières faites à Copenhague ne sont pas au rendez-vous: «La France se contente de recycler une partie de son aide publique au développement pour tenir cet engagement. De plus, le recours quasi systématique aux prêts risque de laisser de côté les populations les plus vulnérables», déplorent les ONG.

L’eurodéputée Eva Joly fait le même constat: «Les 420 millions d’euros que la France devait verser ont été prélevés sur l’aide au développement, pour laquelle l’objectif d’atteindre 0.51% du PIB n’est même pas atteint. De plus, le montant de cette aide englobe des sommes qui n’ont rien à voir avec le développement, comme les reconduites à la frontière, estime la députée européenne. On ne peut pas demander aux pays pauvres de signer des accords contraignants si on ne leur donne pas des raisons de nous faire confiance».