Les Verts allemands rêvent de gouverner et déclenchent l'offensive contre Merkel

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Stars des sondages à la veille d'une année électorale cruciale pour Angela Merkel, les Verts allemands ont déclenché l'offensive contre la chancelière ce week-end pendant un congrès destiné à convaincre qu'ils sont capables de conquérir et de gouverner.
Stars des sondages à la veille d'une année électorale cruciale pour Angela Merkel, les Verts allemands ont déclenché l'offensive contre la chancelière ce week-end pendant un congrès destiné à convaincre qu'ils sont capables de conquérir et de gouverner. — Thomas Kienzle afp.com

Stars des sondages à la veille d'une année électorale cruciale pour Angela Merkel, les Verts allemands ont déclenché l'offensive contre la chancelière ce week-end pendant un congrès destiné à convaincre qu'ils sont capables de conquérir et de gouverner.

"L'année 2011 sera Verte", "Nous ne sommes pas modestes !", a lancé la présidente Claudia Roth aux 730 délégués réunis jusqu'à dimanche à Fribourg (sud-ouest).

"Il y aura six élections régionales et ce marathon sera tout sauf facile. Mais nous pouvons relever ce défi" et gagner dans le Bade-Wurtemberg (sud-ouest) fin mars, tout comme dans le Land de Berlin mi-septembre, a assuré dimanche Cem Özdemir, coprésident du parti.

Dans l'opposition depuis cinq ans, contrairement aux sociaux-démocrates (SPD) qui ont gouverné le pays avec la CDU de Mme Merkel de 2005 à 2009, les Verts incarnent l'espoir pour beaucoup de déçus de l'ère Merkel et constituent désormais une solution de remplacement, selon les politologues.

Surfant sur la contestation populaire croissante dont le gouvernement est la cible et notamment sur la décision de Berlin de prolonger l'exploitation des centrales nucléaires, ils recueillent 23% des intentions de vote en moyenne, loin des 10,7% des législatives de 2009, et au coude-à-coude avec le SPD. Leur meilleur score en 30 ans d'existence.

Et malgré seulement 51.000 adhérents, ils aspirent à devenir un parti populaire comme le SPD et la CDU.

A Fribourg, l'ambiance était détendue et confiante. Pas de stands de produits du terroir, quasiment plus une dame tricotant dans la salle : "Ce n'est pas le congrès du mousseux écolo et de la bière bio", a relevé Cem Özdemir.

Les Verts sont "une force réformatrice moderne de gauche" capable de gouverner, a assuré Claudia Roth. Et ce, "en 2011 comme en 2013", date des législatives, a assuré une autre responsable du parti, Steffi Lemke.

Aux adversaires qui les accusent d'être superficiels et de devenir le parti des "bobos" qui sirotent des "Latte Macchiato", Stefan Gelbhaar, chef des Verts à Berlin, a répondu : "le parti a changé ces dernières années. Mais peu importe quelle boisson chaude on boit, nous avons un programme".

"On a beaucoup d'écho chez les chômeurs, notamment", remarquait Sabine Niels, déléguée du Brandebourg, le Land qui entoure Berlin.

A Fribourg, les Verts ont attaqué de front la chancelière, qui avait sonné la charge contre eux la semaine dernière en récusant toute alliance fédérale entre sa CDU et les écologistes ("une chimère" selon elle).

Ils ont fustigé la "politique sociale clientéliste et scandaleuse" des conservateurs et des libéraux (FDP), et adopté un programme -coûteux- de mesures pour "rétablir la justice sociale".

Ils ont aussi dénoncé "le putsch nucléaire" des "partis lobbyistes" du gouvernement, acquis selon eux à la cause des groupes énergétiques et coupés des petites gens.

Les délégués Verts ont voté dans l'harmonie des motions sur l'énergie, le Proche-Orient (en critiquant fortement Israël) ou encore la santé. Mais, ombre au tableau, ils ont rejeté contre l'avis de la direction samedi soir la candidature bavaroise aux jeux Olympiques d'hiver de 2018, "pour des raisons écologiques, sociétales et financières". En lice figurent Annecy (France) et Pyeongchang (Corée du Sud).

"Les Verts ont lissé les aspérités", commentait le quotidien Süddeutsche Zeitung, et affiché à Fribourg "une sûreté inhabituelle, conscients de leur pouvoir", écrivait Die Welt.

Leurs objectifs sont de gagner le 27 mars le scrutin au Bade-Wurtemberg, où la colère gronde contre un chantier urbain défendu par la CDU, et placer ainsi pour la première fois un Vert aux commandes d'un Land ; puis de réintégrer plusieurs parlements régionaux ; et de ravir en septembre la mairie de Berlin avec Renate Künast.