56% des Français se sentent menacés par le réchauffement climatique

PLANETE C'est le résultat d'un sondage mené en novembre, qui marque un recul de la préoccupation environnementale par rapport à 2008...

A.C.

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Canicule à Paris, le 27 juin 2010.
Canicule à Paris, le 27 juin 2010. — VALINCO/SIPA

La crise économique et les menaces terroristes sont-elles responsables? Dans le baromètre des inquiétudes des Français, le changement climatique perd du terrain, si l’on en croit les résultats du sondage Ifop réalisé en novembre pour Le Monde et France Inter. Les risques liés au changement climatique sont déclarés «préoccupants» par 41% des personnes interrogées, contre 53% en 2008. Une bonne nouvelle malgré tout: le climato-scepticisme a du mal à trouver un écho en France. 74% des sondés s’accordent sur l’origine humaine du réchauffement, et 66% d’entre eux pensent que les conséquences du changement climatique se font déjà sentir.

66% des Français pensent que les conséquences du réchauffement se font déjà sentir

Dans la liste des inquiétudes, les risques liés au changement climatique talonnent l’économie et le terrorisme. Une véritable préoccupation pour les Français, qui sont 56% à penser que le réchauffement est une menace sérieuse pour leur mode de vie. Au-delà du climat, ce sont tous les risques environnementaux qui soucient les Français: 34% sont préoccupés par la pollution des eaux, 29% par l’alimentation, 24% par le nucléaire et 18% par la pollution atmosphérique en ville.

Chiffre marquant: 66% des Français pensent que les conséquences du réchauffement climatique ont déjà commencé à se faire sentir, et 10% qu’elles se feront sentir de leur vivant. Seulement 9% pensent qu’elles n’affecteront que les générations futures.

Fossé entre générations et sensibilités politiques

Le fossé entre les générations est le principal enseignement de cette étude: alors que 67% des moins de 35 ans craignent les conséquences du changement climatique, seulement 39% des plus de 65 ans s’en inquiètent. Une manière de nier leurs responsabilités? «Les plus anciens ont beaucoup consommé, sans s’interroger sur l’avenir du monde, et sont donc un peu gênés aux entournures quand on leur présente la facture pour la planète», déclare dans Le Monde Jérome Fourquet, de l’Ifop.

Les plus âgés sont également plus enclins à croire aux thèses des climato-sceptiques: les 41% de Français qui se rallient à Claude Allègre et ses amis sont en majorité âgés de plus de 65 ans et sympathisants de droite. Mais le scepticisme ne remet pas en question l’origine humaine du réchauffement: 74% des Français estiment que l’activité humaine en est responsable.

Le climat oppose les générations et les sensibilités politiques (les sympathisants de gauche se déclarant plus inquiets du réchauffement que ceux de droite), mais pas les catégories socio-professionnelles: le niveau de diplôme des personnes interrogées n’est pas corrélé avec leur opinion sur le réchauffement climatique.