Les victimes des boues rouges en Hongrie renoncent à manifester

PLANETE Elles voulaient se faire entendre pour être rapidement indemnisées...

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Les victimes de la coulée de boue rouge toxique en Hongrie ont renoncé à la manifestation prévue ce vendredi mais ont appelé le Premier ministre Viktor Orban à s'engager personnellement afin d'être rapidement indemnisées. Les victimes de l'accident industriel du 4 octobre, qui a fait dix morts et 150 blessés, voulaient passer outre une interdiction de la police et manifester vendredi. Ils ont finalement décidé d'attendre jusqu'à la fin du mois, a indiqué l'organisateur de la manifestation, Géza Csenki, lors d'une réunion des habitants de Devecser, l'une des villes les plus touchées par la catastrophe, avec le village voisin de Kolontar.

«Viktor Orban nous a promis une indemnisation totale», a-t-il déclaré. Si le chef du gouvernement vient personnellement «nous rendre visite d'ici une semaine», la manifestation sera annulée, a-t-il ajouté. L'objectif était d'organiser une opération escargot sur la RN8 pour attirer l'attention sur leurs problèmes.

Les victimes pas assez informées sur la viabilité des lieux

Sans mentionner une visite éventuelle du chef du gouvernement, ses services ont fait savoir par communiqué interposé qu'il se préoccupait du sort des victimes. «Le Premier ministre demande et reçoit des informations à propos des travaux de reconstruction de façon continue», a indiqué un porte-parole cité dans ce communiqué. «Ces travaux sont supervisés sur place par 44 personnes du Comité de coordination gouvernementale pour la reconstruction», ajoute-t-il, et un représentant du ministère de l'Agriculture est aussi sur place pour discuter de l'échange de terres avec les habitants dont les champs ont été durablement pollués par la boue rouge.

Depuis l'accident, un fonds d'indemnisation a été mis en place par Budapest, qui rassemble 1,2 milliard de forints (4,5 millions d'euros). Toutefois, seuls 40 millions de forints (150.000 euros) ont été distribués. Le gouvernement explique qu'il veut, avant de verser les fonds, savoir exactement si les victimes souhaitent rester dans un nouveau quartier des villages inondés ou bien partir. Les habitants de leurs côtés se plaignent de ne pas avoir assez d'informations sur la viabilité des lieux à l'avenir.

Le 4 octobre, un réservoir fissuré de l'usine de bauxite-aluminium d'Ajka, à 160 km à l'ouest de Budapest, a rompu et environ 700.000 mètres cubes de boue rouge toxique se sont déversés sur les villages alentours, provoquant une catastrophe écologique.