Les arguments écolos des marques décodés

PLANETE Un guide pour ne pas se faire avoir par les mots à la mode...

A.C.

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Illustration: les produits bio dans les supermarchés.
Illustration: les produits bio dans les supermarchés. — DURAND FLORENCE/SIPA

Bio, durable, naturel, responsable, biodégradable,... Autant de mots qui envahissent les emballages des produits de consommation courante et qui laissent bien souvent les consommateurs perplexes. Pour les aider à y voir plus clair, le Conseil national de la consommation édite un «Guide des allégations environnementales», où l’on apprend à différencier les vrais engagements écolos du «greenwashing».

Les mots qui ne veulent rien dire

Un produit «durable», ça ne veut pas dire grand-chose, sauf si cela indique une durée de vie plus longue, par exemple pour les piles ou les lampes. La mention «développement durable» devrait seulement se rapporter aux actions que l’entreprise réalise en la matière. Idem pour le terme «responsable», qui ne devrait pas figurer sur un produit sans une description complète des actions engagées par l’entreprise.

Rien de plus vague que l’indication «Naturel». Tout (ou presque) peut être qualifié de naturel. La marque Herta s’était illustrée avec une publicité pour un jambon «naturel», qui n’était ni bio ni issu d’élevages en plein air. Les marques utilisant cet argument devraient pouvoir démontrer que le produit est proche de son état d’origine, sans avoir subi de transformations, ou qu’il n’est pas nuisible pour l’environnement.

Se vanter de respecter la loi

Parfois, les marques se vantent de simplement respecter la loi. Par exemple, les peintures et vernis sont soumis depuis le 1er janvier 2010 à de nouveaux seuils d’émissions de composés organiques volatils (COV). Les produits qui jouent sur l’argument «faible teneur en COV» devraient donc préciser «conformément à la réglementation en vigueur».

Attention également aux mentions «sans substance X»: ces substances peuvent parfois ne plus être utilisées ou n’avoir jamais été utilisées dans la famille de produits concernée (par exemple, «sans mercure» pour un détergent), ou simplement être interdite par la réglementation (lessives «sans phosphates»).

Bio, mais à quelle hauteur?

Les fruits et légumes bio, porteurs du label français AB ou du label européen, on commence à connaître. Mais au rayon habillement ou cosmétiques, le mot «bio» revêt une autre signification. Un produit «non agricole et non alimentaire», comme le précise la réglementation, ne peut se présenter comme bio qu’à condition qu’il soit «composé d’une part significative d’ingrédients d’origine agricole certifiés biologiques» et qu’il ne contienne pas, ou très peu, de substances chimiques de synthèse.

Attention donc aux tee-shirts bio, qui devraient plutôt s’appeler «tee-shirt en coton bio», et aux cosmétiques qui doivent préciser quel pourcentage d’ingrédients sont bios dans l’ensemble du produit.

Enfin, ce n’est pas parce qu’un produit est biodégradable qu’il faut le jeter n’importe où. Ainsi, même si le produit peut se décomposer naturellement sans effet nuisible pour l’environnement, il doit porter la mention «Ne l’abandonnez pas dans la nature». Il faut prêter attention à ce qui est réellement biodégradable: le produit, l’emballage, une substance particulière?

> Et vous, êtes-vous vigilant sur les arguments écolos? Faites-vous la différence entre les labels et les simples allégations? Dites-le dans les commentaires.