Route à travers le Serengeti: l'Unesco met en garde la Tanzanie

© 2010 AFP

— 

L'Unesco a appelé lundi la Tanzanie à ne pas faire passer le développement économique avant la sauvegarde de son patrimoine, à propos d'un projet controversé de route traversant le parc national du Serengeti.
L'Unesco a appelé lundi la Tanzanie à ne pas faire passer le développement économique avant la sauvegarde de son patrimoine, à propos d'un projet controversé de route traversant le parc national du Serengeti. — Tony Karumba AFP/archives

L'Unesco a appelé lundi la Tanzanie à ne pas faire passer le développement économique avant la sauvegarde de son patrimoine, à propos d'un projet controversé de route traversant le parc national du Serengeti.

Le gouvernement tanzanien veut démarrer l'an prochain la construction d'une route, le "Serengeti highway", qui traverserait sur 50 km le parc national du même nom, classé au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco, l'agence des Nations unies en charge de la culture, du patrimoine et de l'éducation.

"L'économie moderne ne doit en aucun cas se faire aux dépens de la nature ou de la culture", a déclaré à la presse la directrice générale de l'Unesco, Irina Bokova, en réponse à une question sur le sujet.

"Je sais que la pression de la modernité est très importante", a poursuivi Mme Bokova, mais "les pays doivent trouver un équilibre entre la préservation de leurs sites, à la fois culturels et naturels, et le développement de leur économie".

A propos d'un projet au Kenya de construire un port à proximité de Lamu, île-témoin de la culture swahilie sur l'Océan indien, l'Unesco "a reçu l'assurance que cela n'affecterait pas" ce site également classé au patrimoine mondial.

"Le comité du patrimoine mondial suit de très près l'évolution de la situation, et s'il devait estimer que (le projet) pourrait mettre en danger le site, nous alerterons immédiatement le gouvernement" kényan, a indiqué Mme Bokova.

Un comité intergouvernemental de l'Unesco est réuni depuis lundi à Nairobi pour étudier l'inscription de 51 pratiques culturelles à la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l'humanité.

Cette Convention, distincte de celle sur les sites culturels et naturels de 1972, a été signée en 2003 et ratifiée à ce jour par 132 pays.

178 pratiques culturelles sont à ce jour protégées par l'Unesco, et le comité va en examiner 51 autres lundi et mardi.

Les dossiers de candidatures vont du Meshrep, la culture traditionnelle des Ouïgours, les musulmans turcophones du nord-ouest de la Chine, au repas gastronomique à la française, en passant par le régime alimentaire méditerranéen, la fauconnerie (candidature collective de onze pays) ou les tournois de lutte d'hommes enduits d'huile de Kirkpinar (Turquie).