Les observateurs de la Cicta, gardiens du thon rouge

PLANETE Ils embarquent sur les thoniers pour vérifier le respect des règles de pêche...

A.C.

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La Cour de justice européenne a rejeté jeudi un recours de la France contre l'interdiction de la pêche à la "thonaille", un filet controversé utilisé pour la capture de thons en Méditerranée, infligeant un revers au gouvernement et aux professionnels concernés.
La Cour de justice européenne a rejeté jeudi un recours de la France contre l'interdiction de la pêche à la "thonaille", un filet controversé utilisé pour la capture de thons en Méditerranée, infligeant un revers au gouvernement et aux professionnels concernés. — Patrick Valasseris AFP/Archives

Mesure phare du dispositif de la Cicta (Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique), les observateurs du Programme régional 2010 ont embarqué durant la campagne de pêche, du 15 mai au 15 juin, sur 93 thoniers français. Leur mission: rendre compte de tout ce qui se passe à bord des bateaux et vérifier le respect des procédures qui encadrent la pêche du thon rouge de l’Atlantique.

Sur le bateau mais aussi autour du bateau

Seuls les bateaux de plus de 24 mètres ayant un permis de pêche et enregistrés par la Cicta sont concernés: en Méditerranée, on compte 93 navires à senne tournante coulissante (une technique de pêche consistant à encercler les bancs de thon et à les tirer dans l’eau jusqu’à la ferme). Le programme régional couvre plusieurs zones de pêche et des bateaux de nationalités différentes: «Les observateurs ne doivent pas être de la même nationalité que le pavillon du navire», précise Etienne Jarry, responsable du programme d’observateurs chez Cofrepêche.

Au quotidien, les observateurs doivent rendre compte des activités du bateau: itinéraires suivis, prises quotidiennes, mais aussi rencontre avec d’autres thoniers, notamment pour détecter les pêcheurs illégaux. «Si l’observateur voit que deux navires se rapprochent, il doit essayer de savoir pourquoi. S’agit-il d’un transfert frauduleux de poisson ou d’un simple échange d’eau douce comme cela se fait couramment entre bateaux?», explique Etienne Jarry.

Le respect des quotas dépend des Etats

Le rôle des observateurs n’est pas de contrôler le respect des quotas mais plutôt de vérifier que les thoniers appliquent les règles définies par la Cicta. «Tenir à jour le quota de chaque bateau est de la responsabilité de l’Etat auquel il est rattaché, rappelle Etienne Jarry. Les observateurs rendent toutefois compte des quantités pêchées sur le bateau, mais cela reste approximatif car les poissons ne sont pas sortis de l’eau entre leur capture et leur transfert dans une ferme d’engraissement.»

Les observateurs de la Cicta sont également présents dans ces fermes, où ils vérifient la conformité des documents de transfert des poissons des sennes aux cages d’engraissement. Ils doivent aussi contrôler que la pesée est faite selon les règles: «La seule pesée a lieu lors de la mise à mort, en fin de chaîne. Le poisson est vivant jusqu’à la fin du processus, donc si la mesure de contrôle est appliquée au bon moment, on peut libérer le poisson lorsqu’une entrave à la réglementation est détectée», précise le responsable du programme méditerranéen.

Les données remontées par les observateurs sont analysées par la Cicta et la Commission européenne, et font l’objet d’un rapport final qui servira de base aux prochaines délibérations de la Cicta, à partir du 17 novembre.