Déchets radioactifs: Incidents entre manifestants et forces de l'ordre sur le passage du convoi

ALLEMAGNE La police a utilisé la manière forte pour décourager les militants anti-nucléaire...

Avec Reuters

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Un épouvantail est installé par des activistes sur le trajet du train devant transporter des déchets nucléaires de La Hague (France) à Gorleben (Allemagne), Dannenberg, le 4 novembre 2010.
Un épouvantail est installé par des activistes sur le trajet du train devant transporter des déchets nucléaires de La Hague (France) à Gorleben (Allemagne), Dannenberg, le 4 novembre 2010. — C. CHARISIUS / REUTERS

De nouveaux incidents ont éclaté ce dimanche matin entre les policiers allemands et des militants antinucléaires qui tentaient de stopper le convoi de déchets radioactifs parti de France à destination du site de stockage de Gorleben, en Basse-Saxe.

Matraques et gaz lacrymogènes

Les forces de l'ordre sont intervenues à coups de gaz lacrymogènes et de matraques pour déloger des manifestants qui occupaient la voie ferrée et tentaient de l'endommager. Selon un porte-parole de la police, jusqu'à 250 activistes participaient à cette opération. Ils ont tenté de s'opposer par la force à l'intervention de la police. Un véhicule de police a été incendié. D'après des médias allemands citant des organisateurs de la contestation, une dizaine de manifestants ont été blessés. La police n'a pu confirmer ce bilan.

Quelque 4.000 opposants au nucléaire manifestaient un peu plus loin, dans la matinée, près de la ville de Leitstade, à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de la gare de Dannenberg, terminus du convoi. Le train Castor composé de onze wagons s'est ébranlé vendredi du terminal ferroviaire du groupe nucléaire français Areva à Valognes, dans la Manche, où les déchets allemands ont été traités à La Hague avant leur rapatriement.

Le «train de l'enfer»

Tout au long du trajet, en France puis en Allemagne, des militants ont tenté de freiner le convoi qu'ils surnomment le «train de l'enfer». En France, il a été bloqué quelques heures par des militants antinucléaires qui se sont enchaînés à la voie, près de Caen, dans le Calvados. Selon le réseau Sortir du nucléaire, l'itinéraire a été modifié face à la pression des manifestants.

Le train, qui a franchi la frontière franco-allemande samedi en début d'après-midi à Strasbourg, doit stopper en gare de Dannenberg, d'où les déchets seront convoyés par camions jusqu'au site de Gorleben. La prolongation de la durée de vie des 17 centrales nucléaires allemandes décidée récemment par le gouvernement allemand a donné une tournure politique à ce transfert de déchets nucléaires.

Douze convois au total

Selon Sortir du nucléaire, la radioactivité de la cargaison «représente deux fois celle dégagée par la catastrophe de Tchernobyl». Henri-Jacques Neau, directeur délégué de la branche transport d'Areva, a réfuté ces affirmations. Il s'agit du onzième convoi destiné à rapatrier en Allemagne des déchets vitrifiés après retraitement à l'usine de La Hague. Au total, douze convois sont prévus.

Les militants allemands redoutent que Gorleben, prévu pour être un lieu provisoire de stockage, devienne un site permanent. Selon Greenpeace, les anciennes mines de sel où sont entreposés les déchets radioactifs ne présentent pas de garanties de sécurité suffisantes à long terme.