Crise des déchets à Naples: quatre blessés, rappel à l'ordre de l'UE

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De nouveaux incidents ont eu lieu mercredi autour de décharges près de Naples, blessant un policier et trois manifestants contre le déversement de déchets, tandis que Bruxelles a demandé au gouvernement italien de rémédier à la crise "sans retard".
De nouveaux incidents ont eu lieu mercredi autour de décharges près de Naples, blessant un policier et trois manifestants contre le déversement de déchets, tandis que Bruxelles a demandé au gouvernement italien de rémédier à la crise "sans retard". — Carlo Hermann AFP

De nouveaux incidents ont eu lieu mercredi autour de décharges près de Naples, blessant un policier et trois manifestants contre le déversement de déchets, tandis que Bruxelles a demandé au gouvernement italien de rémédier à la crise "sans retard".

Le policier a été blessé vraisemblablement par un jet de pierres alors que les forces de l'ordre chargeaient des manifestants pour les éloigner de l'entrée du site de stockage et permettre l'accès de la décharge aux camion-bennes.

Trois manifestants ont été blessés lors d'une autre charge contre les manifestants dans l'après-midi. Un quatrième a été victime d'un malaise.

La région de Naples est le théâtre depuis des semaines d'affrontements avec la police en raison de l'opposition des habitants résidant à proximité des décharges, qui s'opposent à l'utilisation ou l'extension de sites à ciel ouvert, parvenus à saturation.

A Terzigno, dans la nuit de mardi à mercredi, des manifestants ont bloqué l'accès à la décharge mais ils ont été repoussés sans ménagement ou traînés sur le sol par des policiers après avoir tenté de se coucher sous les roues d'un camion. L'incendie du véhicule s'est produit dans une autre zone de la ville.

Le chef de la protection civile Guido Bertolaso, en charge de la crise, avait ordonné tard mardi soir la réouverture de la décharge de Sari à la sortie de Terzigno, qui avait été fermée temporairement pour calmer les habitants.

Au total, malgré les manifestations, 23 camions remplis des ordures de 18 municipalités sont parvenus à déverser leur chargement pendant la nuit.

Ces derniers jours, les incidents se sont étendus à la ville de Giugliano, vers laquelle les autorités s'étaient tournées en raison du blocage de Terzigno. Les habitants ont tenté lundi et mardi d'empêcher le déversement de déchets sur le site Taverna del Re à Giugliano, qu'ils jugent saturé.

Mardi soir, près de 5.000 personnes ont manifesté contre la décision des autorités de rouvrir pour 30 jours le site de Giugliano, qui contient déjà 6 millions de tonnes d'ordures et devrait en accueillir 10.000 de plus.

En fin d'après-midi, des manifestations ont bloqué la circulation sur les voies d'accès au site, provoquant des embouteillages. Ils brandissaient une banderole avec l'inscription: "Taverna del Re, depuis 2003, des affaires pour peu de gens, des maladies pour tous".

Les manifestations récurrentes sur plusieurs décharges font que les déchets s'accumulent à Naples, où des monceaux de sacs poubelles, environ 2.300 tonnes, obstruent des pans entiers de rues.

Cette situation représente un échec pour le chef du gouvernement Silvio Berlusconi, qui avait promis jeudi dernier que Naples serait débarrassée de ses ordures "d'ici trois jours", et annoncé le lendemain être parvenu à un accord avec les maires des communes concernées pour résoudre la crise.

Face à cette crise, la Commission européenne a fait part mercredi de sa préoccupation et a pressé le gouvernement italien d'agir "sans retard".

"Nous sommes préoccupés et nous croyons que des actions doivent être entreprises sans retard pour améliorer la situation", a déclaré à Bruxelles le commissaire à l'Environnement, Janez Potocnik. "Nous suivons de très près ce qui se passe et nous envisageons d'envoyer des experts pour évaluer la situation", a-t-il ajouté.

Durant des années, la mafia napolitaine a infiltré le juteux marché de la gestion des déchets.

La crise de 2007/2008, quand la ville avait fait la Une de la presse mondiale avec des photos du centre historique envahi d'immondices, avait contribué à la victoire de Silvio Berlusconi aux législatives de 2008 et à son retour au pouvoir.