Les «bof» du Grenelle passés à la loupe

ENVIRONNEMENT Le ministère de l'Ecologie et du Développement Durable, a présenté mardi 2 novembre un rapport d'évaluation indépendant du Grenelle de l'Environnement, trois ans après le Grenelle I. Ce rapport d'étape affirme que sur les 268 engagements initiaux du Grenelle, 96 % ont été engagés. Mais ils sont plus ou moins avancés. 20minutes.fr fait le point sur les mesures les plus marquantes...

Mickaël Bosredon

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Par Grenelle de l'Environnement, une écrasante majorité des Français comprend développement du solaire et de l'éolien, mais plus de la moitié ignorent que ce plan inclut le doublement des lignes de TGV et la mise aux normes de stations d'épuration, selon un sondage IFOP publié mardi.
Par Grenelle de l'Environnement, une écrasante majorité des Français comprend développement du solaire et de l'éolien, mais plus de la moitié ignorent que ce plan inclut le doublement des lignes de TGV et la mise aux normes de stations d'épuration, selon un sondage IFOP publié mardi. — Jean-Pierre Muller AFP/Archives

> Les «tops» et les «flops» du Grenelle par ici

Bof…

L’AGRICULTURE
La culture bio
Le gouvernement se félicite d’une hausse de 24 % du nombre d’agriculteurs bio en 2009. Mais l’activité reste marginale en France, avec seulement 3% d’exploitations bio…
La biodiversité
La «trame verte et bleue» - corridors écologiques permettant la circulation des espèces - est certes inscrite dans la loi Grenelle 2, mais n’est pas opposable aux documents d’urbanisme, ni aux infrastructures de transport. «Cette absence d’opposabilité réduit considérablement la portée de cette mesure» regrette le WWF-France.
 
BATIMENT
Rénovation
C’est sur le secteur de la rénovation du bâti que les principales économies d’énergie se feront. 250.000 logements ont déjà fait l’objet d’une rénovation énergétique. Ce n’est pas si mal. Mais Philippe Pelletier, le «Monsieur bâtiment » du plan Grenelle, reconnaît lui-même que l’on peut faire mieux. «Nous sommes à 6-8.000 éco-prêts à taux zéro par mois, j’aimerais que l’on passe à 8-10.000 dès l’année prochaine. Pour cela il faut donner envie aux banques de vendre ce produit, ce qu’elles font peu pour l’instant car il leur paraît trop compliqué. Je vais réunir la filière pour simplifier l’aspect administratif.» Philippe Pelletier souhaite par ailleurs mobiliser les professionnels de la filière, notamment les entrepreneurs, aux formations à la rénovation écologique, qui rencontrent peu de succès pour le moment.
 
ENERGIES
Photovoltaïque et éolien.
Jean-Louis Borloo parle de véritable «décollage» pour ces deux énergies renouvelables, depuis deux ans. «1000 MW d’éolien par an et 500 MW de solaire photovoltaïque ont été installés.» Il cite également des chiffres impressionnants en terme production d’énergie, avec une évolution de «+ 600 % pour le photovoltaïque et + 91 % pour l’éolien» entre 2007 et 2009. Il faut dire que la France partait de presque rien. Si une dynamique a clairement été enclenchée ces deux dernières années, le scepticisme a aujourd’hui pris le relais. Pour l’éolien, Patrice de Foucaud, porte-parole de Cleo, réseau d’élus locaux en faveur de l’éolien, ne comprend pas pourquoi «l’Etat a complexifié les procédures d’établissement des ZDE, les zones de développement de l’éolien. Ces procédures sont devenues plus longues, et attaquables durant deux ans. Cela risque de remettre en cause les objectifs du Grenelle d’installer 25 000 MW d’éolien d’ici à 2020.» Pour le gouvernement la dynamique se poursuit : dans quinze jours sera lancé l’appel d’offres pour la construction de 3000 MW d’éoliennes maritimes.
Concernant le photovoltaïque les détracteurs mettent en avant les récentes décisions de baisse des tarifs de rachat de l’électricité issue du solaire photovoltaïque, et la décision de ramener le crédit d’impôt pour les particuliers se faisant installer du panneau solaire, de 50 % à 25 %. Pour plusieurs professionnels et certains élus locaux, le danger est réel de «perdre la confiance des particuliers pour cette technologie» et de «déstabiliser une filière professionnelle encore fragile». Jean-Louis Borloo rappelle que la France conserve les tarifs de rachat «les plus élevés au monde».

Le ministre garde dans tous les cas son optimisme quant à l’objectif de 23 % d’énergie renouvelable en France d’ici à 2020.