A bord du Columbus, le bateau du WWF

FESTIVAL DU VENT Amarré au port de Calvi pour quelques jours, le bateau dévoile ses missions...

A Calvi, Audrey Chauvet
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Le Colombus, bateau du WWF, dans le port de Calvi en Corse, fin octobre 2010.
Le Colombus, bateau du WWF, dans le port de Calvi en Corse, fin octobre 2010. — Audrey Chauvet / 20MINUTES

On le voit de loin sur le port. Avec sa voile à l’effigie du célèbre panda du WWF (World Wildlife Fund), le monocoque Columbus est une des attractions du Festival du vent, qui se tient à Calvi, en Corse, jusqu’à dimanche. Son capitaine, Jean-Yves Terlain, a fait visiter son bateau à 20minutes.fr et explique les missions du bateau au panda.

Du Vendée Globe au WWF

Le Columbus a une longue histoire: d’abord bateau de course, son capitaine lui a offert une seconde vie. «Après le Vendée Globe en 1990, j’ai complètement transformé le bateau. Depuis trois ans, il est affrété exclusivement pour le WWF», explique Jean-Yves Terlain. Avec Cédric, son équipier, il met le monocoque quasiment toute l’année au service des expéditions scientifiques de l’ONG. Celles-ci contribuent notamment à la rédaction du rapport Planète vivante, publié tous les deux ans et servant de référence mondiale sur l’état de la nature. 

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«Nous travaillons avec la mission Océans et côtes du WWF, précise le capitaine. En ce moment, nous menons deux campagnes en Méditerranée: les rorquals et le thon rouge.» Le but de ces missions: en savoir plus sur des espèces assez méconnues, connaître les causes de leur mortalité, analyser leurs migrations et évaluer les stocks restants dans la mer. 

Rorquals communs et thons à l’étude

La mission baleines nécessite du temps et le sens de l’observation: le WWF identifie chaque rorqual commun qu’il croise en consignant ses spécificités physiques (couleur, taille, signes distinctifs). C’est souvent l’occasion de constater les méfaits de l’activité humaine: «Nous avons vu un rorqual qui était complètement balafré, l’aileron coupé en deux par les hélices d’un bateau». Mais les méfaits les plus importants sont souvent invisibles: en prélevant des échantillons de peau et de graisse (une carotte de 1cm prélevée sur l’animal suffit), les scientifiques ont pu trouver des traces de PCB (des polluants chimiques persistants), de pesticides ou de retardateurs de flamme.

Pour les thons, ce sont les migrations des poissons qui intéressent les scientifiques. Pour cela, ils les attrapent au large des côtes espagnoles, en Catalogne, et leur font subir une opération très rapide, le temps de placer une balise dans leur ventre. «Lorsque les pêcheurs les attrapent, ils voient le petit papier, laissé avec la balise, qui donne l’adresse du WWF et le montant de la récompense (environ 300 euros) s’ils la retournent, explique Jean-Yves Terlain. Grâce à la balise, on peut savoir où le poisson a été pêché, à quelle profondeur, et beaucoup d’autres renseignements sur sa vie». Pour l’instant, sur une trentaine de balises apposées, seulement quatre sont revenues, «uniquement par des pêcheurs sportifs, pas des commerçants».

Disparition du thon

Un des projets portés par le Columbus est la création d’une zone protégée pour les rorquals entre Monaco, la Corse et Marseille. La mission Columbus s’engagera également à l’occasion de l’Iccat (International commission for the conservation of Atlantic tunas) qui se tiendra à Paris fin novembre: «Dans cinq ou dix ans, il n’y aura plus de thons, déplore Jean-Yves Terlain. Tous ceux que l’on rencontre sont juvéniles, ils n’ont même plus le temps de se reproduire. Et le Japon les achète une fortune».