L'ONF veut envoyer du bois

ENVIRONNEMENT Le président du conseil d'administration de l'Office national des forêts, Hervé Gaymard, veut «mobiliser davantage de bois en forêt»...

Mickaël Bosredon
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L'ONF prélève 60 à 70 % de la croissance biologique d'une  forêt, et estime avoir encore une marge de 10 à 15 % de récolte supplémentaire.
L'ONF prélève 60 à 70 % de la croissance biologique d'une forêt, et estime avoir encore une marge de 10 à 15 % de récolte supplémentaire. — SAURA PASCAL/SIPA

Les forêts françaises doivent faire face aux nouvelles exigences environnementales du pays, notamment la volonté d’atteindre 23% d’énergies renouvelables d’ici à 2020, et celle de réintroduire le bois dans la construction de logements et de bâtiments. L’Office national des forêts, qui gère 25% de la surface boisée en France, et représente 40% des ventes de bois, est au cœur de cette nouvelle bataille.

Le président du conseil d’administration de l’ONF, Hervé Gaymard, estime dans un rapport remis le 20 octobre à Nicolas Sarkozy, qu’«il est urgent d’un point de vue économique mais aussi écologique de récolter et renouveler les zones de forêt en surcapitalisation, avant qu’une tempête, une sécheresse, ne viennent décimer ce qu’il a fallu des dizaines d’années à produire.»

«Les forêts vieillies sont vulnérables, surtout dans un contexte de réchauffement climatique», ajoute-t-il. Et de préciser que «une augmentation de la récolte n’est pas incompatible avec la préservation de vieux arbres isolés dans un but écologique ou paysager.»

«Produire plus en sauvegardant la biodiversité»

Interrogé par 20minutes.fr, Jacques Valeix, Directeur général de l’ONF, ajoute que «nous ne prélevons actuellement que 60 à 70% de la croissance biologique de la forêt. Nous avons encore une marge de 10 à 15% de récolte supplémentaire. Nous pouvons indéniablement produire plus tout en sauvegardant la biodiversité.»

Et il va sans aucun doute y en avoir besoin. Dominique Coutrot, délégué général de l’UIPP (Union des industries des panneaux de process), estime sur lemoniteur.fr manquer de bois disponible pour sa filière. «Le problème est crucial, rapporte-t-il car nos industriels sont obligés d’arrêter temporairement leurs unités de production.» Une situation due à la forte demande de la filière énergie…«Il peut y avoir des tensions, reconnaît Jacques Valeix, notamment car la filière bois énergie se développe effectivement assez vite, mais il va y avoir des ajustements.»

L’ONF tient en tout cas à «poursuivre son action structurante dans la montée en puissance du bois-énergie» selon le rapport d’Hervé Gaymard. Il est en effet prévu dans les engagements de la France, que la filière bois fournisse un tiers de l’effort pour faire passer la part des énergies renouvelables, de 9% à 23% d’ici à 2020.